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The Root Book facilite l'écriture collaborative

Tu veux écrire de la fiction à quatre mains, à six mains, ou même plus, facilement et sans avoir de co-auteurice ?

The Root Book est un site d'écriture collaborative unique, où n'importe qui peut participer à n'importe quelle histoire et à n'importe quel moment de l'histoire.

Quel que soit ton genre préféré - fantastique, romance, science-fiction - ta voix a sa place ici. Seule l'imagination est la limite !

La ramification des histoires

The Root Book fonctionne sur le principe d'une arborescence des chapitres : un seul prologue donne naissance à de nombreux chapitres 1, qui sont les débuts d'histoires Chaque chapitre peut avoir autant de suites que possible, et chacune de ces suites peut à son tour se diviser en de nombreuses histoires.


Image illustrant la ramification des chapitres
Image illustrant la ramification des chapitres

Il te suffit d'un pseudo et d'un email pour te mettre à écrire

Si tu as besoin d'améliorer ton écriture, tu peux relever les défis d'écriture et ainsi travailler, tout en voyant ce que les autres écrivains proposent.
Et si tu as une idée, tu peux créer ton propre défi à la suite du prologue, juste en cliquant sur la case "défi".

Beaucoup d'histoires par de nombreux auteurs

The Root Book est un site très dense, avec sa multitude d'histoires qui possèdent tous leur propre multivers. Pour t'aider à naviguer dans cet arbre géant, plusieurs outils sont à ta disposition.

L'arbre des histoires te permet de visualiser la structure de chaque histoire et de comprendre comment les différents chapitres s'articulent entre eux. C'est un excellent moyen de voir l'ensemble de l'histoire et de choisir où tu souhaites contribuer.

Notre système de tags te permet de trouver des histoires qui correspondent à tes centres d'intérêt. La page des tags. Sur chacun de tes chapitres, tu peux ajouter les tags que tu veux, même ceux que personne n'a encore utilisé !

Le Concept Unique de The Root Book

The Root Book, c'est une expérience littéraire unique que je t'invite à découvrir. Ici, la magie de l'écriture collaborative prend vie. Chaque histoire se transforme en un véritable cadavre exquis où chaque auteur apporte sa touche personnelle, pour une aventure littéraire sans pareil.

Chaque histoire possède son propre multivers !

The Root Book est porté par une association à but non lucratif, qui a pour mission de fournir un outil 100% gratuit et en ligne pour tous, afin que chacun puisse exprimer sa créativité.

Si tu es enseignant·e ou professeur et que tu souhaites utiliser notre plateforme pour ta classe, n'hésite pas à m'envoyer un message pour me poser toutes les questions. D'autres ont déjà passé le pas.

La Monnaie de l'Imagination : Les Points TRB (🌳)

Sur The Root Book, chaque action compte. Les points TRB, symbolisés par le petit arbre 🌳, sont une manière de récompenser ta participation active à la plateforme. Tu les gagnes en écrivant (que ce soit des chapitres ou des commentaires), en donnant et recevant des coups de pouce, en relevant des défis et même en faisant un don à l'association T.R.B.

Ces points ont de la valeur ! Ils peuvent te permettre d'afficher des liens vers tes réseaux sociaux, augmentant ainsi ta visibilité au-delà du site. Tu peux également proposer de nouvelles façons de les dépenser directement sur ton compte.

Nos Chiffres-Clés et des Tags

The Root Book, c'est une communauté dynamique et des histoires incroyables à découvrir.

507 auteur·rice·s inscrit·e·s
688 chapitres coécrits
721558 lectures

Voici les tags préférés sur la plateforme :
Collaboratif (200) Écriture (175) Début (144) Concours (127) Prologue (123)
(Si ton genre de prédilection ne s'y trouve pas, peut-être que tu devrais envisager de créer un compte pour remédier à ce problème !)

Si jamais tu es perdu, surtout n'hésite pas

Si tu as plus de questions, il existe une FAQ.

Si tu as des suggestions ou si tu rencontres des problèmes sur le site, n'hésite pas à me contacter. Je suis là pour t'aider et répondre aux demandes dans les plus brefs délais. Tu peux me contacter via le formulaire de contact.

Un site avec de fortes valeurs collaboratives

En tant qu'association, The Root Book est ouvert à de nombreuses possibilités de partenariat. Que tu sois une association, une entreprise, un blogueur ou un influenceur, nous sommes toujours ravis d'explorer de nouvelles collaborations.

Nous disposons d'un système de visibilité efficace qui peut aider à promouvoir ton travail ou ton organisation à travers notre plateforme et notre communauté d'auteurs passionnés.

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Quelques Chapitres à ne pas oublier

Ma journée se poursuit comme un film catastrophe tendance gags en rafales. Rien de va ! Depuis la trace de café sur mon chemisier blanc jusqu’aux retards pris par l’atelier que je dois expliquer aux clients en passant par les plantages d’ordi. Comble de malchance, quand je peux enfin annoncer à Alban que son véhicule est disponible, je tombe sur sa messagerie où je laisse quelques mots très professionnels avant de lui texter également la nouvelle. J’ajoute un petit smiley humoristique, ça n’engage à rien. Et puis j’attends qu’il arrive – au galop, forcément bouleversé par mon humour – en vérifiant sans arrêt que cette fichue tache de café n’est pas visible. Mon optimiste naturel me conduit à penser que le sieur Adelson joue avec mes nerfs pour mieux me conquérir. La vérité est qu’il n’en a rien à faire d’une hôtesse de garage. Mince, ça sonne comme voie de garage ! Déprime. Quoi qu’il en soit, je n’ai même pas le plaisir des yeux de le revoir pour couronner cette infâme journée : il envoie un commis quelconque récupérer sa voiture. — Voilà la clé et la carte grise, dis-je d’un ton sinistre. — Excusez-moi, Mademoiselle, vous avez un bout de chocolat coincé entre les dents… Là... — Hein ? Alban, salaud de riche. D’accord, je ne le pense pas une seconde. Juste une occasion manquée de plus. Enfin, j’ai son numéro même s’il ne me sert à rien. Quand mon charme naturel – encore mon optimisme – menace de se révéler inefficace, c’est le moment de recharger les batteries de l’ego en sortant vérifier qu’Alban Adelson n’est pas le seul homme sur Terre. Le vendredi soir, l’ambiance est toujours torride au Marabout, établissement qui hésite toujours entre être un bar à cocktails branchouille et une boîte de nuit tropicale. En résumé, on peut y danser et y boire. C’est juste mon programme idéal. J’appelle ma meilleure amie, Jeanne, qui, avec sa peau cuivrée, ses petites fesses et ses seins tout ronds, est un véritable aimant à beaux mecs. Le grand jeu pour moi, c’est d’être assez pimpante pour prendre son sillage. Une fois qu’elle a séduit le roi de la fête, il me reste les roitelets. C’est du second choix pour ma bestie, mais le second choix de Jeanne, ça reste de la qualité. Et puis, j’ai beau n’avoir aucune chance de rentrer dans ses jupes, j’en ai moi-même quelques unes qui font de mon derrière un charmant objet d’études. Donc pas de complexe. Je carbure à la confiance et à la tequila. Malheureusement, ce soir, Jeanne est en mode supernova et tout le monde gravite autour d’elle. Je peux bien me convaincre que je suis moi aussi une étoile, je ne brille pas assez fort à ses côtés et elle n’a pas besoin de moi pour se faire valoir. Après tout, cette soirée est la suite logique des effroyables heures qui l’ont précédée : rien à en tirer. Reste le bar pour éviter la banquette de sinistre réputation. Au moins, Jeanne n’a-t-elle pas de sac à faire garder par sa bonne copine pendant qu’elle se trémousse. Donc tequila, ou n’importe quoi qui en contient. Tout en m’imbibant savamment, j’inspecte le public habituel du Marabout dont certains membres ont déjà eu le bonheur de partager ma couche, soit dit sans forfanterie. Le décompte mental est d’ailleurs rapide : quatre. Et ils sont tous là, tiens ! Ce n’est jamais désagréable de se remémorer quelques moments orgasmiques avec les participants sous les yeux. Je ne suis pas du genre à établir des palmarès mais je dois bien me décider sur un ordre pour mes tentatives de tantôt, si je ne veux décidément pas rentrer seule. Allez Demba, Frédéric, Milan et Abdoulaye en dernier, parce c’est vraiment un gros macho. Un frôlement de doigts sur mon bras, comme trois notes de piano, me sort de ma rêverie programmatique. — Tu continues à admirer les mâles ou tu me permets de t’offrir ta cinquième Tequila Sunrise ? La fille qui s’est adressée à moi à des cheveux courts turquoise qui répondent aux spots du bar par des reflets déments et un sourire dissymétrique mais franchement magnétique. — Ouch, je suis sous surveillance ! D’accord, si tu te joins à moi. Et il est temps que je passe au Margarita. — Barmaid ! Un Margarita pour… — Clémentine. — Ah. Et un Sweet Lady, ça me va mieux, eh ben, pour Clémentine aussi ! Je résume avant de plonger mes yeux dans les siens. Je suis en train de me faire payer un verre dans un bar où tout le monde vient pécho par une fille de même prénom et à peine plus jeune que moi qui aime décidément beaucoup me toucher le bras. Je suis là pour m’amuser, non ? — Je suis une Clémentine qui résiste mal aux jupes en cuir. — Et moi, une Clémentine qui a souvent l’habitude d’être la plus franche dans une conversation. Je n’ai pas de fétichisme pour les jeans taille basse. — Excellent ! Tchin quand même ? — Tchin absolument ! Et merci ! Si tu veux t’amuser, ma petite Clémentine, il est déconseillé de décourager d’emblée les rares interlocuteurs, et en l’occurrence, interlocutrices qui se donnent la peine de perdre quelques minutes de leur vie sexuelle en ta compagnie. — J’aime beaucoup, en revanche, les débardeurs blancs et les cheveux colorés… — Ouf. J’ai eu peur d’avoir mal contrôlé mon haleine. Tu as choisi ton chevalier servant du soir ? — Je crains d’avoir plus besoin du cheval que du chevalier ! Tu connais du monde ici ? — A peine une personne. Mais vraiment agréable. Une certaine Clémentine… — Ah ! Nouvelle en ville alors ? Et pressée de faire des rencontres ? — Pressée et pressante, j’en suis navrée. On ne se refait pas. — C’est donc officiel : tu me dragues ? — Complètement. Puisqu’il faut bien mettre un nom sur cette plaisante entrée en matière. — Et dans quelle matière souhaitez-vous entrer, Mademoiselle sans-gêne ? — Mes affreux jeans ont besoin de bouger. On danse ? Je suis là pour ne plus penser à Alban Adelson ou pas ? Et rien ne lui ressemble moins que la jolie liane qui m’entraîne sur la piste après avoir vidé son verre cul-sec. Après tout… La danse version Clémentine, elle, pas moi, est résolument lascive et vise à un rapprochement des corps en synchronisme parfait avec le rythme de la musique. La danse version Clémentine, moi, pas elle, est définitivement chaotique et vise à propulser les membres inférieurs et supérieurs dans des directions diverses sans aucun rapport avec le rythme de la musique. Une main sur ma jupe. Deux mains sur ma jupe. Une main dans ma main. Des doigts qui s’enlacent. Et puis, très vite ses lèvres sur mes lèvres. Et encore plus vite, ma bouche entrouverte. La sienne aussi. Exploration timide. Mélange de fluides, étape un. Clémentine embrasse très bien. Clémentine embrasse très bien. Je veux dire, moi aussi. Ses mains sur mes fesses nous font faire demi-tour. J’ouvre les yeux, ravie, prisonnière volontaire de cette bouche qui m’enchante. Alban est à cinq mètres de nous et tourne lentement la tête dans notre direction avec son sourire d’ange de l’amour. J’écarquille les yeux. Contact visuel dans trois secondes. Trois... Deux… Un...

Chapitre 2 :
Clémentine au carré

de l'histoire
Clémentine ou le pépin
par helhiv
Rencontre Comédie Romantique

Hello !    Aujourd'hui je me lance dans mon premier défi, inspiré par Lyn (et quelques œuvres de fiction ;-)) : un battle royal.    En voici les règles (intradiégétiques) : Ce battle royal est une émission de téléréalité dans un monde cyberpunk (le type d'univers qu'on retrouve dans Cyberpunk 2077/edgerunners, Blade Runner, Akira, Ghost in the Shell). Le but de l'émission et de remporter un corps cybernétique dernier cri et une coquette somme d'argent.  Chaque épreuve consiste en un jeu pour gagner une partie de ce corps cybernétique. À chaque épreuve, une personne est éliminée, et elle se voit retirer la partie du corps correspondant, qu'il soit biologique ou déjà cybernétique. Les parties du corps sont de plus en plus vitales et importantes au fur et à mesure de la compétition. Pendant toute la durée de l'émission, les candidats logent ensemble dans une tour. Tout est filmé pour le régal des spectateurs, bien sûr.  Il doit y avoir au minimum 6 participants, que vous devrez créer pour qu'ils prennent part à l'émission.    Règles d'écriture (extradiégétiques) :  La narration : le point de vue est interne, au présent, à la troisième personne.  Chaque chapitre doit correspondre à une section de l'émission : présentation de candidats, interview, commentaires sur la vie des candidats, épreuves.  Vous êtes bien sûr libre de diverger et créer vos propres ramifications si le déroulé des évènements vous déplaît !      À vos claviers (et vos pistolets) !  

Défi :
Cyberesthetic

par AudreyLys
Battle Royal Collaboratif

Une fois les ordres donnés à chaque représentant des divers corps armés, chacun s'en alla prendre son poste de commandement et donner les consignes aux radios, qui transmirent les messages sur ondes courtes à chaque chef de régiment. Cette invention du Grand Spécialiste, comme tant d'autres, avait permis un gain en temps et en précision dans la transmission des ordres et messages, ce qui s'avérait indiscutablement bénéfique dans la bonne gestion d'une bataille. Il semblait maintenant loin, le rudimentaire dispositif de drapeaux de différentes couleurs préalablement utilisé. La quantité de matière et d'énergie qu'avait demandé la mise en place et demandait le fonctionnement de ce dispositif était bien entendu considérable. Mais le Guide Suprême, pourtant avare dans l'utilisation de ces dernières, avait perçu dès le début l'avantage indéniable que cette technologie apporterait du point de vue militaire.   Globalement, la plupart des inventions du Grand Spécialiste et de ses techniciens avait apportée des avancées considérables pour le génie militaire. Mais cela allait bien plus loin, puisque certaines technologies pouvaient être utilisées à des fins civiles, pour assurer le bon fonctionnement et l'amélioration de la collecte de matière et d'énergie des cités et entités de la coalition.   La découverte du vaisseau du Grand Spécialiste, qu'il faisait appeler le « Laboratoire », avait été le fruit du hasard. Ce « laboratoire » était en effet bien caché : il était bien plus petit qu'un simple village flottant puisqu'il n’accueillait qu'un faible nombre de techniciens, malgré les grands hangars servant à la conception des inventions ; et il évoluait dans une zone considérée comme extrêmement dangereuse, avec sa forte densité de nuages sombres chargés d'électricité. Ses flux d'air turbulents constants et violents, tantôt horizontaux, tantôt verticaux. Et ses colonnes de matières et de gaz venant des Profondeurs insondables aux débits et positions imprévisibles et anarchiques.   A son retour dans la cité flottante azélanne, personne ne crut le marchand azélan qui avait réussi à apercevoir cette étrange tâche sombre dans cette zone connue comme impraticable. Heureusement cependant, le bouche-à-oreille et la rumeur coururent dans toute la coalition, et furent captés par un des agents des Oreilles qui s'empressa de faire remonter cette information à son patron. Lequel eut la bonne idée de la considérer comme intéressante et d'en faire part, dans un rapport, au Guide Suprême.   Celui-ci comprit qu'un objet, quel qu’il fut, évoluant dans une pareille zone, ne pouvait être ordinaire, et que sa capture devait être un objectif prioritaire. Il considéra que cette opération ne nécessitait pas de faire appel à d'autres membres de la coalition, et se contenta de monter une petite armada issue de sa cité flottante de Würm, centre névralgique de la coalition. La recherche de l'objet se révéla néanmoins plus ardue qu'escomptée : la durée qui s'écoula entre sa découverte par le marchand azélan et le lancement de l'expédition würmienne s'éleva à dix-sept longs cycles solaires, et le « Laboratoire » du Grand Spécialiste, du fait de sa propulsion entièrement mécanisée, s'avérait bien plus mobile et rapide que les classiques villages, villes, cités ou autre entités flottantes. Trois nouveaux longs cycles solaires furent nécessaires pour quadriller la zone de recherche, et enfin apercevoir l'objet tant convoité.   Du fait de sa position dans une zone dangereuse et de ses technologies militaires alors inconnues des Würmiens, la prise du « Laboratoire » provoqua la mort des trois-quarts de l'expédition assaillante, contre seulement un des techniciens du Grand Spécialiste. Le bonheur de l'assaillant fut que, le Grand Spécialiste et ses techniciens n'étant pas des soldats, ils se rendirent dès leur quartier général investit par les forces würmiennes. De plus, le Grand Spécialiste accepta sans hésitation la proposition de rejoindre la coalition, lui permettant de pouvoir bénéficier de sa protection et de son commerce interne florissant. Même la demande insistante du Guide Suprême de mettre à disposition de la coalition ses technologies, son savoir et ses futures recherches, qui devaient alors être principalement orientées dans le cadre du domaine militaire, ne souleva pas d'objection.   Dès lors, l'arsenal miliaire des forces de la coalition s'en trouva fortement amélioré. Et, point positif aux yeux du Guide Suprême, le Grand Spécialiste s'avérait être un membre fidèle, honnête et volontaire malgré son inclusion quelque peu forcée.     Le Guide Suprême rentra dans la salle d'observation de son dirigeable rigide de commandement, auquel il avait donné le nom de « Zeppelin », suivis par le chef spirituel. La salle circulaire, de grand diamètre, était entièrement entourée de vitres en biais vers l'extérieur. Elles pouvaient résister à des vents très turbulents et puissants, et à des geysers de matières et de gaz peu concentrés, et n'étaient pas conductrices d'électricité. L'ensemble des matériaux de l'appareil possédait les mêmes caractéristiques, ce qui lui permettait d'évoluer, pendant une courte période, dans des zones dangereuses telle que celle où le « Laboratoire » avait été aperçu initialement.   Le sacrifice en matière et énergie que sa conception avait nécessité avait été immense, et malgré le système autocratique éclairé de la coalition, le Guide Suprême avait dû faire jouer tout son pouvoir et sa vision pour l'imposer à une population hostile au coût pharaonique du projet. Mais son utilisation bienvenue dans des campagnes victorieuses de sécurisation de routes commerciales contre des pillages incessants de pirates de l'air fit basculer petit à petit l'opinion de la population. Et les prises de puissantes cité flottantes ennemies, ou même de capture du « Laboratoire », permit de finalement rentabiliser sa construction.   La salle d'observation était munie d'un rail circulaire situé un mètre en retrait des vitres, sur lequel glissait un chariot portant un système de longues-vues pivotantes et avec divers lentilles de grossissement. Tandis que le chef spirituel allait ouvrir une petite fenêtre et se plaçait en tailleur devant, pour sentir sur son visage le souffle du vent et son évolution, le Guide Suprême fit rouler le chariot de longues-vues pour le ramener dans la direction de la proue du dirigeable, et du front. De cette position, seul le nez beige du dirigeable cachait la partie supérieure de l'horizon. L'immensité insondable d'un néanmoins ridicule petit volume de Sterna, la planète géante gazeuse, s'offrait à la vue du Guide Suprême. De sombres nuages zébrés et épais délimitaient les Profondeurs insondables, de rapides nuages violacés et translucides courraient dans la zone vivable, et la couche aujourd'hui épaisse de nuages beiges et ocres cachaient le ciel et la double étoile.   Le Guide Suprême plongea son regard dans le système optique, et le régla de manière à apercevoir de manière nette les troupes ennemies. Une rangée de ballons individuels s’étendait sur une grande largeur, bien plus grande que ne l'était le front des forces de la coalition. Le Guide Suprême ne sut dire, même à peu près, combien de soldat cela représentait, mais le nombre de dix mille annoncé par le patron des Oreilles pouvait correspondre.   Au contraire du Grand Spécialiste dont il ne doutait aucunement, le Guide Suprême était moins enclin à accorder sa pleine et entière confiance au patron des Oreilles. Même si celui-ci et la plus grande part des membres de son service étaient d'origine würmienne et que, officiellement, il répondait entièrement aux ordres du Guide Suprême, le service des Oreilles s’enorgueillissait en cachette, ce qui n'avait cependant pas manqué d'arriver aux oreilles du Guide Suprême, de posséder une autonomie dans son mode fonctionnement et une opacité vis-à-vis du pouvoir dirigeant. De plus, des rumeurs de collusions avec certaines cités neutres, sûrement propagées par le service lui-même dans le but d'entretenir le doute et le flou quant à son dévouement entier à la cause du Guide Suprême, courraient abondamment dans toutes les villes, cités et entités de la coalition. Même si le patron des Oreilles jurait, à chaque fois que le Guide Suprême le questionnait à ce sujet, de sa fidélité pleine et entière à celui-ci et à la cause qu'il défendait. Néanmoins, sur le plan militaire, les éléments fournis par le service s'étaient généralement avérés fiables, et le Guide Suprême doutait plus du patron des Oreilles sur le plan intérieur, avec une volonté de le court-circuiter voire de vouloir prendre sa place, que sur le plan des opération militaires extérieures lorsqu'il s'agissait d'étendre la puissance et le pouvoir de la coalition.     Au centre de la ligne ennemie, légèrement en retrait des ballons individuels, le Guide Suprême remarqua la présence de trois vaisseaux de combats classiques, de formes profilées et finissant avec un éperon à l'avant, supportés chacun par un ballon non rigide, et ayant hissés les voiles avant pour compenser le vent qui leur était défavorable. Chacun devait accueillir un équipage d'environ cinq cent têtes, s’affairant à maintenir et commander le système de portance et de déplacement, à préparer les armes de jets et les grappins d'abordage, ou à simplement affûter ses armes de combat. Le Guide Suprême, qui était totalement confiant dans la supériorité de ses soldats au combat au corps à corps en cas d'abordage, espéra juste que les vaisseaux ennemis n'étaient pas muni d'un système d'autodestruction comme ceux de la coalition.   En balayant le système d'optique de droite à gauche, le Guide Suprême nota la présence de deux nouveaux vaisseaux de combat sur chaque flanc, ce qui portait le total de bâtiments ennemis à sept, contre seulement quatre du côté de la coalition. En revenant vers le centre des lignes ennemies, un mouvement en hauteur attira son attention. Patientant quelques secondes, il vit sortir d'un nuage beige, d'un lent mouvement, un grand dirigeable, qu'il estima être le bâtiment de commandement ennemi. Après une inspection minutieuse, il estima que ce dirigeable devait être légèrement plus petit que le « Zepellin », que la structure de son ballon était, comme le « Zeppelin », rigide, mais qu'il ne semblait pas être conçu pour manœuvrer dans des zones dangereuses.   Cela devait s'expliquer du fait de la zone atmosphérique plutôt tranquille de Sterna dans laquelle évoluait la grande cité flottante d'Italaxla, dont le haut sommet se découvrait maintenant lentement derrière le dirigeable de commandement ennemi alors que le gros nuage beige d'où ce dernier s'était extrait continuait paresseusement son chemin. Italaxla, la grande cité des oiseliers, prochaine cible de l'appétit insatiable du Guide Suprême et de sa coalition. Italaxla, dont la seule partie visible, ce petit sommet, était totalement verte, laissant présager une la présence d'une quantité incommensurable de matière, dont des végétaux, comparée aux villages, villes, cités et entités de la coalition. Mais Italaxla se retrouvait dans l'obligation de mener bataille. En effet, sa principale source de matière et d'énergie, une de ces étranges colonnes ascendantes de matières et de gaz venants des Profondeurs insondables de Sterna et remontant jusqu'aux couches supérieures de l'atmosphère, avant de retomber de manière éparse pour la matière solide, venait d'être annexée par les forces de la coalition. Cela coupait la cité de ressources indispensables à son bon fonctionnement, et menaçait grandement sa pérennité à court terme en cas de siège. De plus, la source étant largeur et continue, le Guide Suprême s'était empressé de la faire exploiter, à l'aide de filets et de ballons de captures et stockages créés il y a peu par le Grand Spécialiste, pour les besoins de son armée, ôtant par la une source de revenus futurs pour la cité.   Italaxla était en effet une grande cité marchande, prospère et pacifique, que la plus grande part des cités indépendantes, états, empires ou autres structures sociétales de cette partie-ci de Sterna, respectait. Et craignait malgré tout. En effet, en dépit d'une politique pacifique, la cité s'était taillée une réputation de citadelle imprenable grâce au domptage d'animaux volants suffisamment grands et dociles pour être chevauchés et guidés par un italaxlan, et suffisamment rapides et agiles pour échapper aux traits et aux soldats ennemis utilisant des ballons de flottaison. Ces animaux faisaient les beaux jours et la gloire de la cité, et le Guide Suprême savait, de part son service des Oreilles, qu'ils étaient élevés et éduqués dans un village flottant et mouvant secret situé dans la région d'Italaxla. Les forces de la coalition n'avaient malheureusement pas réussi à le retrouver pour l'annexer, et ainsi imposer un siège plus efficace de la cité cible. Néanmoins, le Guide Suprême sentait que la mise au point récente et concluante, du côté de la coalition, des autogires propulsés par un système de pédalier utilisable par les deux membres d'équipage pour se relayer en cas de fatigue, permettrait aux forces de support de la coalition de rivaliser avec les forces de support italaxlannes. Sur dix prototypes, ce système avait même été amélioré par le Grand Spécialiste avec le remplacement du système de propulsion par pédalier par un système de propulsion utilisant la rotation d'une machine, appelée « moteur », qui utilisait la combustion d'un gaz pour fonctionner. Ces nouvelles inventions avaient amené le Guide Suprême à enfin déclarer une guerre qui larvait depuis de longs cycles, et causaient le champ de bataille qui s'étendait sous ses yeux.     Un petit nuage apparut subrepticement à la proue du vaisseau central ennemi, avant de disparaître aussi vite qu'il était apparu. Le Guide Suprême, l’œil alerte, remarqua le projectile noir qui fusait dans l'air, tremblotant. Le vent était en effet contre lui, le ralentissant et le déviant de sa trajectoire. Arrivé à une distance trop éloignée des premier ballons individuels de la coalition, le projectile explosa, envoyant des bouts plus petits tout autour de lui. Un coup manqué. Le Guide Suprême sourit en reconnaissant là un obus à billes, un projectile très puissant et efficace, mais nécessitant une quantité de matière importante. Ce qui en disait long sur les ressources italaxlanne. Ou sur leur inconscience.   Les forces de la coalition avançaient lentement, malgré le vent dans le dos ; seul un petit groupe de ballons individuels flottait plus en avant au centre de la ligne de front. De leur côté, les troupes italaxlannes avançaient également lentement, devant s'aider de moyens de propulsion physiques ou mécaniques pour faire face au vent contraire.   Un nouveau projectile partit d'un autre vaisseau du centre des troupes italaxlannes, en direction des ballons individuels avancés des troupes de la coalition. Comme précédemment, c'était un obus à billes et, comme le précédent, il explosa bien trop tôt. Le troisième vaisseau tira à son tour. Cette fois-ci, l'obus avança au milieu des ballons individuels avant d'exploser. Les billes éclatèrent dans toutes les directions, certaines percutant des ballons individuels. Sur les quinze ballons touchés, treize se percèrent et commencèrent leur lente descente inextricable vers les Profondeurs insondables.   Le Guide Suprême eut un sourire amer. Bien entendu, il savait que ces cinq cents ballons individuels portés en avant étaient des leurres sans soldats, envoyés pour tester et tenter de déterminer le type d'armement de l'ennemi. Mais il n'en demeurait pas moins qu'il venait d'une cité flottante de seconde zone, évoluant dans une partie de Sterna avec une grande quantité de zones dangereuses inexploitables et bien trop peu de colonnes de matière et d'énergie. Il était donc très alerte sur les questions de gestion et d'utilisation de l'ensemble des ressources disponibles, et ces treize ballons chutant vers les Profondeurs insondables représentait pour lui un gâchis sans nom. Il se reprit néanmoins vite, sachant que cette bataille serait de toute façon le théâtre d'un immense gâchis sans nom. Parce que les dirigeant d'Italaxla n'avaient voulu se soumettre, et avaient eu la stupide idée de refuser de perdre leur souveraineté et de rentrer dans le giron de la coalition et de l'autorité du Guide Suprême.   Comme ce dernier s'en doutait, et l'avait anticipé malgré les ordres donnés, ces premières « pertes » furent le signal que les forces Zulandaises attendaient pour lancer les hostilités.   Le chef spirituel, qui se trouvait toujours assis en tailleur, le buste droit, les narines dilatées, les deux mains posées paume vers le haut sur les genoux, l'index relié au pouce, ouvrit lentement les yeux : -Guide Suprême, je sens des fluctuations dans la trame du vent et des événements. Quelque chose ne se passe pas comme vous l'aviez ordonné. Le... Il s'arrêta quelques seconde, humant l'air, puis reprit : -Les Zulandais décollent. Ils partent au combat. Ils veulent venger les premières pertes de notre côté. -Zéphyr, tes dons m'impressionneront toujours. Néanmoins, je ne le sais que trop bien, et je l'avais de toute façon prévu ainsi. Mes ordres « officiels » les concernant n'avaient pour but que d’attiser leur mécontentement, et par là leur sauvagerie latente. Je vais maintenant donner mes vrais ordres aux restant des corps armés. Reste ici pour constater l'évolution du combat, du vent, et des événement. J'ai foi en toi. -Votre confiance en moi m’honore, Guide Suprême.     En quittant la pièce, le Guide Suprême se fit la réflexion que les Zulandais étaient une race vraiment particulière.   Dans leur statut social tout d'abord. Contrairement à la plupart des race intelligentes de Sterna connues des Wûrmiens, les Zulandais ne se répartissaient pas selon l'habituel dualité mâle/femelle. Les Zulandais se répartissait selon un principe de fonctionnalité.   Il y avait tout d'abord la Reine et ses trois Rois. La Reine et les Rois n'étaient pas des individus à proprement parler, mais des ensembles complexes de méta-individus, autrement appelé entités. La Reine Zulandaise avait une taille deux fois supérieure à la cité flottante de Würm. Elle abritait en son sein l'ensemble des œufs Zulandais, des réserves de nourriture pour elle, ses œufs et ses enfants - l'ensemble de la race des Zulandais hors les Rois – et servait également de cité pour l'ensemble de ses enfants, avec dortoirs, couloirs, salle de restauration et tout les éléments nécessaire à la vie de la race Zulandaise. Les Rois avaient une taille environ quatre fois moindre que la Reine. Tout comme elle, ils pouvait accueillir en leur sein une colonie de leur enfants. Un Roi était d'ailleurs présent sur le champ de bataille, servant de vaisseau de transport aux troupes Zulandaises présentes sur le champ de bataille. La Reine et les Rois flottaient grâce à l'ensemble des gaz issues de la dégradation de la nourriture de l’ensemble de l'espèce, ces gaz, plus léger que l'air, étant piégé par la carapace étanche protégeant le dessus de la Reine et des Rois. Si le principe de flottaison était commun à la plus grande partie des espèces connues peuplant Sterna, les Zulandais devaient être les seuls à utiliser leur propre gaz pour cela.   En dehors de la Reine et des Rois, le reste de l'espèce Zulandaise était composée de soldat et d'ouvrier. Bipèdes, comme la plupart des races intelligentes de Sterna connues des Wûrmiens, ceux-là ressemblaient néanmoins à un petit insecte rampant peuplant Wûrm et nommé « scarab ». Comme l'insecte, ils possédaient une forme ovoïde, avec une grande carapace bombée vert sombre dans le dos, d'une dureté impressionnante, venant protéger un dos blanc laiteux mou et une paire d'ailes transparentes et fragiles qui leur permettait de se mouvoir, malheureusement lentement, dans les airs. Ce qui restait néanmoins un avantage hors du commun. Leur partie ventrale, moins résistante, restait néanmoins difficile à percer. Leur visage se trouvait sur la partie ventrale, à environ quatre-cinquième de la hauteur de leur « ventre ». Ils possédaient une bouche avec des dents également très dures de forme triangulaire espacées de telles sorte de les dents des mâchoires supérieures et inférieures se trouvaient sur une seule ligne quand ils fermaient la bouche. Leurs mâchoires avaient tendance à se fermer à chaque fois qu'ils communiquaient, accompagnant leurs mots et phrases de claquements particuliers. Deux petites pinces sortaient de part-et-d'autre de leur bouche, leur permettant de tenir un aliment pendant que leurs dents le hachait menu. Deux petits yeux noirs et globuleux se trouvaient juste au dessus de la bouche.   Leurs jambes ressemblaient aux pattes du « scarab », mais plus puissamment bâties du fait de la nécessité de porter la totalité de leur poids. En contre partie, leur deux paires de bras, à la moitié du corps et au niveau de leur face, étaient vraiment très fins. La différenciation entre les ouvrier et les soldats se faisait ici : les ouvrier possédaient des bras lisses terminés d'une multitude de petits crochets duveteux leur permettant d’accrocher des objets et d'effectuer quelques actions basiques sur les parois intérieurs de la Reine et des Rois sans les blesser ; a contrario, les soldats possédaient un ensemble de pointes acérées tout le long des bras pour blesser ou s'accrocher à des partie molles, et l'extrémité de leurs bras était munie d'une griffe très tranchante très efficaces au corps-à-corps, ce qui était de toute façon leur seul moyen de combat. Si le rôle des ouvriers était de s'occuper de l'intérieur et des besoins de la Reine et des Rois, les soldats avaient pour vocation de protéger l'ensemble, et de ramener la nourriture.   Malgré ce mode de fonctionnement très coordonné, collectif et spécialisé qui leur avait permis de perdurer dans le temps, le Guide Suprême se fit la réflexion que l'espèce, les soldats surtout, était quand même bien individualiste, irréfléchie, confuse et sauvage lorsque sonnait l'heure de la bataille.   Rendu devant un émetteur radio, il attrapa le microphone pour enfin donner ses vrais ordres : « Nobles et valeureux soldats Würmiens, Zulandais, Azélans ; ingénieux et intrépides techniciens du Grand Spécialiste, ici le Guide Suprême qui vous parle... »

Chapitre 2 :
Italaxla

de l'histoire
Que la bataille commence
par Wargen

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