The Root Book

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The Root Book facilite l'écriture collaborative

Tu veux écrire de la fiction à quatre mains, à six mains, ou même plus, facilement et sans avoir de co-auteurice ?

The Root Book est un site d'écriture collaborative unique, où n'importe qui peut participer à n'importe quelle histoire et à n'importe quel moment de l'histoire.

Quel que soit ton genre préféré - fantastique, romance, science-fiction - ta voix a sa place ici. Seule l'imagination est la limite !

La ramification des histoires

The Root Book fonctionne sur le principe d'une arborescence des chapitres : un seul prologue donne naissance à de nombreux chapitres 1, qui sont les débuts d'histoires Chaque chapitre peut avoir autant de suites que possible, et chacune de ces suites peut à son tour se diviser en de nombreuses histoires.


Image illustrant la ramification des chapitres
Image illustrant la ramification des chapitres

Il te suffit d'un pseudo et d'un email pour te mettre à écrire

Si tu as besoin d'améliorer ton écriture, tu peux relever les défis d'écriture et ainsi travailler, tout en voyant ce que les autres écrivains proposent.
Et si tu as une idée, tu peux créer ton propre défi à la suite du prologue, juste en cliquant sur la case "défi".

Beaucoup d'histoires par de nombreux auteurs

The Root Book est un site très dense, avec sa multitude d'histoires qui possèdent tous leur propre multivers. Pour t'aider à naviguer dans cet arbre géant, plusieurs outils sont à ta disposition.

L'arbre des histoires te permet de visualiser la structure de chaque histoire et de comprendre comment les différents chapitres s'articulent entre eux. C'est un excellent moyen de voir l'ensemble de l'histoire et de choisir où tu souhaites contribuer.

Notre système de tags te permet de trouver des histoires qui correspondent à tes centres d'intérêt. La page des tags. Sur chacun de tes chapitres, tu peux ajouter les tags que tu veux, même ceux que personne n'a encore utilisé !

Le Concept Unique de The Root Book

The Root Book, c'est une expérience littéraire unique que je t'invite à découvrir. Ici, la magie de l'écriture collaborative prend vie. Chaque histoire se transforme en un véritable cadavre exquis où chaque auteur apporte sa touche personnelle, pour une aventure littéraire sans pareil.

Chaque histoire possède son propre multivers !

The Root Book est porté par une association à but non lucratif, qui a pour mission de fournir un outil 100% gratuit et en ligne pour tous, afin que chacun puisse exprimer sa créativité.

Si tu es enseignant·e ou professeur et que tu souhaites utiliser notre plateforme pour ta classe, n'hésite pas à m'envoyer un message pour me poser toutes les questions. D'autres ont déjà passé le pas.

La Monnaie de l'Imagination : Les Points TRB (🌳)

Sur The Root Book, chaque action compte. Les points TRB, symbolisés par le petit arbre 🌳, sont une manière de récompenser ta participation active à la plateforme. Tu les gagnes en écrivant (que ce soit des chapitres ou des commentaires), en donnant et recevant des coups de pouce, en relevant des défis et même en faisant un don à l'association T.R.B.

Ces points ont de la valeur ! Ils peuvent te permettre d'afficher des liens vers tes réseaux sociaux, augmentant ainsi ta visibilité au-delà du site. Tu peux également proposer de nouvelles façons de les dépenser directement sur ton compte.

Nos Chiffres-Clés et des Tags

The Root Book, c'est une communauté dynamique et des histoires incroyables à découvrir.

510 auteur·rice·s inscrit·e·s
691 chapitres coécrits
893266 lectures

Voici les tags préférés sur la plateforme :
Collaboratif (203) Écriture (178) Début (147) Concours (127) Prologue (126)
(Si ton genre de prédilection ne s'y trouve pas, peut-être que tu devrais envisager de créer un compte pour remédier à ce problème !)

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Si tu as plus de questions, il existe une FAQ.

Si tu as des suggestions ou si tu rencontres des problèmes sur le site, n'hésite pas à me contacter. Je suis là pour t'aider et répondre aux demandes dans les plus brefs délais. Tu peux me contacter via le formulaire de contact.

Un site avec de fortes valeurs collaboratives

En tant qu'association, The Root Book est ouvert à de nombreuses possibilités de partenariat. Que tu sois une association, une entreprise, un blogueur ou un influenceur, nous sommes toujours ravis d'explorer de nouvelles collaborations.

Nous disposons d'un système de visibilité efficace qui peut aider à promouvoir ton travail ou ton organisation à travers notre plateforme et notre communauté d'auteurs passionnés.

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Quelques Chapitres à ne pas oublier

      Les mains d'Eric tremblaient dans les poches de son long manteau noir. Sa vue était brouillée derrière ses lunettes sombres, elles-mêmes à moitié dissimulées par son chapeau que la pluie battait.       De loin, il observait, seul, la foule d'une vingtaine de personnes éplorées se recueillant autour d'un cercueil au-dessus duquel un prêtre murmurait les dernières prières. L'envie de les rejoindre, de les épauler dans cette épreuve, était l'une des choses les plus difficiles à laquelle il ait dû résister. N'être qu'un spectateur incapable de réconforter (d'être réconforté) était plus douloureux qu'un brasier le dévorant vivant.       Lorsque le cercueil contenant la regrettée (sa chair, son sang, sa précieuse petite-fille) disparut sous terre, il vacilla. Un bras solide l'attrapa avant que ses jambes tremblantes ne se dérobent sous son poids et l'aidèrent à demeurer debout.       Lorsque la terre commença à recouvrir sa descendante, une plainte qu'il ne sut retenir s'échappa de sa bouche. Heureusement, il était trop loin pour être entendu. Les doigts de son compagnon se resserrèrent doucement sur son épaule (chauds et puissants, mais d'une délicatesse inégalée).       Après ce qui parut être une éternité à Eric, les proches de la disparue partirent, en larmes, égarés, s'échangeant dans un souffle autant de courage qu'il était possible de trouver à cet instant. Ce n'est qu'un fois certain qu'il était seul qu'Eric osa approcher la tombe.       Une fois devant celle-ci, il agrippa la main de son compagnon d'une main. Il demeura longtemps sans bouger ni prononcer le moindre mot, à fixer la pierre tombale qui achevait de rendre réel ce qu'il pensait (espérait) n'être qu'un horrible, terrible cauchemar. - Elle était la dernière, murmura-t-il enfin.       Sa voix porta à peine au-dessus du vent, pourtant, il fut entendu. - Je suis seul, maintenant... - Moi, je suis là. - Pour combien de temps encore ?       Alors seulement il se tourna vers lui, croisant ses yeux d'un bleu aussi pur qu'un beau ciel d'été et aussi doux que ceux d'un fils aimant envers un père. Cette tendresse qu'Eric discerna sans mal l'apaisa. Un petit peu. Malgré la honte, tous les doutes qui l'assaillaient depuis la mort de son fils aîné (courbé, ridé, épuisé) lui échappèrent : - Je suis le successeur de la protectrice des foyers et des familles. De la déesse qui liait ses frères et soeurs et toute l'Olympe ensemble. Et pourtant, je ne peux pas garder ma propre famille auprès de moi. Toi aussi tu vas disparaître, un jour.       Quelques mèches de cheveux dorés sortirent de la capuche du jeune homme et tombèrent devant son front lorsqu'il baissa la tête. - Je suis désolé, souffla-t-il. Je ne veux pas rassembler les domaines d'Apollon. - Je sais. Et je le respecte. - J'aimerai pouvoir vivre éternellement avec toi. Vraiment. Mais rappelle-toi que nous ne sommes pas les seuls. Tu as déjà trouvé Poséidon !       Un rire amer secoua les épaules d'Eric. - Je ne pense pas pouvoir faire grand chose avec cette bourrique. Je suis certain que, même après dix éternités, elle tentera toujours de me botter le train à coup de sabots à chacune de nos rencontres. - C'est sa façon de montrer son amour.       Ils parvinrent à glousser faiblement. - Tu en trouveras d'autres, souffla ensuite Fabian. Je le sais. Tu verras.       Oui. Après tout, Eric avait l'éternité pour retrouver les héritiers des dieux. Et, qui sait ? Peut-être rencontrera-t-il un jour un jeune immortel aux yeux pétillants qui fera vivre l'âme de Fabian chaque fois qu'il bandera son arc.

Chapitre 1 :
Les liens qui nous unissent

de l'histoire
Les liens qui nous unissent
par Athelard
Début Écriture Collaboratif

Accoudée à la fenêtre du carrosse, je regardais, perdue dans mes pensées et sans vraiment les voir, les champs succéder aux petits bois. De temps en temps, le cahot d'une roue tapant un cailloux ou tombant dans un trou du chemin de terre très inégal me tirait de mes rêveries. Les paysans, s'échinant péniblement dans leur labour, s'arrêtaient pour regarder passer notre attroupement, sûrement plus inquiétés par les quatre hommes montés et en armes qu'intrigués par le carrosse que ces derniers entouraient et protégeaient. Peut-être avaient-ils déjà vu passer plusieurs de ces engins hippomobiles dernièrement étant donné la situation. Au loin, une fumée s'élevait dans l'air, signe d'un nouveau petit bois incendié afin de pouvoir le transformer en zone arable. Plus nous approchions de la capitale, plus le terrain se dégageait et se transformait en terres cultivées. Il fallait nourrir la Bête, m'avait glissé Michon, le palefrenier et cocher du carrosse, en parlant de la Capitale, juste avant notre départ. L'absence de végétation haute et la fumée au loin rendaient les températures élevées de cet été encore plus lourdes. Elle était maintenant loin, la boisée et humide Soulogne d'où j'étais partie. Et la mission qui m'était confiée, en ces temps incertains, me la faisait regretter amèrement... Durant la minorité du Roi, et le tout début de sa majorité royale, une scission toucha l'ensemble du royaume, conséquence de la politique autoritaire et absolutiste menée par l'ancien Roi et son homme de l'ombre. A la mort de l'ancien Roi, du fait de la minorité du nouveau Roi et de la perte d'autorité du pouvoir, le royaume fut scindé en deux camps de forces plus ou moins égales pendant une dizaine d'années. Ce n'est qu'aidé d'appuis et de forces armés issues du royaume voisin d'Ibérie, et avec pour conséquence un mariage royal avec l'infante d'Ibérie, que le jeune Roi put renverser les frondeurs et reprendre la main, il y avait seulement deux ans, sur l'ensemble du royaume. Cependant, dans un acte désespéré, les frondeurs réussirent à faire assassiner la nouvelle Reine, laissant un jeune Roi maître d'un royaume revenu au calme, mais célibataire. -Vous semblez bien songeuse, maîtresse. Reconnectant à la réalité, je tournais la tête vers la vieille Marthe, assise en face de moi, qui venait de m’interpeller. La vieille servante, qui m'avait servi de gouvernante étant jeune enfant, avait insisté pour m'accompagner à la capitale, afin de pouvoir se mettre au service de ma Grande-Tante, notre future hôtesse, qu'elle avait servis il y a longtemps. A côté de nous deux, bercés par le lent cahotement du carrosse, somnolaient en ronflant Grégoire et Marise. Tout ce petit monde formait, avec Michon conduisant les chevaux, ma suite pour mes aventures à la capitale. Nos hommes d'armes avaient pour mission de revenir auprès de ma demi-sœur en Soulogne une fois notre escorte terminée. -Vous pensez à la Soulogne, j'imagine. Et vous la regrettez. A moins que ce ne soit votre demi-sœur qui hante vos esprits ? -Je te savais perspicace, Marthe, mais serais-tu voyante ? Quoiqu'il en soit, je te prie de l'être un peu moins dans les temps à venir, étant donné la situation... -Ne vous en faite pas, maîtresse. La perspicacité, comme vous le dite, nécessite de l'intelligence. Et il me semble en être un temps soit peu dotée. Et être capable de savoir quand dire telle ou telle chose, et quand ne pas le dire. -Je n'en attendais pas moins de toi, Marthe. A partir de maintenant, depuis notre départ de Soulogne en fait, je te rappelle que ma demi-sœur n'existe plus. Qu'elle n'a jamais existé. Que JE suis ma demi-sœur. -Je ne le sais que trop bien. Je ne l'ai d'ailleurs que toujours su. C'est pourquoi je suis partis de Soulogne pour accompagner Anne de Pont-Sainte-Croix, baronne de Soulogne, pour son périple à la capitale. Le sourire entendu de Marthe me fit comprendre que le message était passé. Je savais que Marthe était trop intelligente pour trahir le secret. Que si elle n'avait jamais aimé ni été dans les bonnes grâces de ma demi-sœur, et avait sauté sur la première occasion pour s'en éloigner, elle tenait trop à moi pour me nuire. Ma demi-sœur... Anne de Pont-Sainte-Croix. Baronne de Soulogne depuis que notre très cher père était passé de vie à trépas. En tant que victime des purges qui suivirent la fin de la fronde et la reprise en main énergique du royaume par le jeune Roi. Car notre baronnie s'était trouvée du côté des perdants lors de cette période trouble. Car notre père, pourtant homme bon, généreux et respectueux envers tout un chacun, juste et intègre, s'était trouvé en présence de personnes suffisamment habiles, manipulatrices et machiavéliques pour appuyer sur les quelques réserves qu'il avait contre la politique de l'ancien Roi et le faire basculer du côté des frondeurs. Ma demi-sœur... Agée de seulement un an de plus que moi, qui avait eu la chance de naître de la bonne mère, alors épouse de mon père, issue de la noblesse du comté du Preche, mais qui était morte en accouchant. Tandis que j'étais née de la maîtresse favorite de mon père, simple roturière, alors qu'elle n'était pas encore sa seconde femme. Ma demi-sœur... Nous avions grandis toutes les deux sous le regard d'un père aimant et protecteur, et une mère-belle-mère proche des deux filles sans qu'elle ne m'accorde aucun privilège du fait d'être sa fille biologique. Notre père ne pu avoir d'autre enfant de ma mère, et nous restâmes donc ces deux seules enfants chéries. Nous étions proches et complices, et si nos caractères étaient différents, nous nous ressemblions suffisamment pour abuser nos gouvernantes et jouer à se faire passer l'une pour l'autre. Si notre père avait été clair, dès que nous fûmes en age de comprendre, à propos de la priorité sur l'héritage du titre de la baronnie de Soulogne à sa mort, étant entendu qu'il irait à ma sœur en tant qu’aînée et issue d'une filiation complètement noble, aucun sentiment d'animosité ou de convoitise ne naquit entre nous. Nous vécûmes ainsi, heureuses et insouciantes, jusqu'à ce que la fronde n'éclate, et que, pour des raisons de sécurité, notre père n'envoyât ma sœur, alors âgée de 10 ans, munie de document attestant de son identité, chez des amis sûrs en royaume d'Albion. Du fait de notre sexe et de la situation de ma mère, peu de gens en dehors de la baronnie ne s'intéressaient au nombre d'enfant de notre père. Et, grâce à la ressemblance physique, il ne fut pas compliqué de me faire passer pour ma demi-sœur, afin que la noblesse d'état ne se rende compte de rien. C'est ainsi que je devins alors, pour la première fois, à l'âge de 9 ans, Anne de Pont-Sainte-Croix. Ma demi-sœur... Les contacts furent rompu à partir de là. Etant donné la période de troubles dans le royaume, les communications avec les royaumes étrangers étaient rendu compliquées. Si notre père réussit à garder une relation épistolaire très ponctuelle avec Anne, il ne me fut pas possible de pouvoir moi-même lui envoyer de communication écrite. Et toute visite physique était inenvisageable. Je continuais donc de grandir sous une identité et en jouant un rôle qui, je le savais, ne serait pas le mien ad vitam aeternam, et coupée d'une amie chère, issue de la même chaire, qui me manquait alors profondément. Puis, après dix ans de troubles, il y a deux ans, la fronde se termina. Notre père fut arrêté et condamné à mort en tant que participant actif au mouvement contestataire. Et ma demi-sœur rentra de son exil le jour de l’exécution, revenant ainsi prendre le rôle et le titre qui étaient siens. Les retrouvailles furent tristes étant donné le contexte, mais surtout froides et déconcertantes. Après dix ans d'absence et d'éloignement, ma demi-sœur avait acquis une certaine distance avec son royaume d'appartenance, ses terres, et surtout sa propre famille. Elle pleura certes la mort de notre père, mais ses larmes furent brèves et ses yeux vite secs. Elle me prit dans ses bras, mais l'étreinte ne dura pas. Et sa joie de me retrouver ne semblait pas aussi grande que la mienne de la revoir. Elle s'adressa en privée avec ma mère, lui indiquant que, dans sa magnanimité, elle acceptait de ne pas la chasser du château, mais qu'elle reviendrait au rôle de servante qu'elle avait quitté en épousant feu notre père. Visitant les terres qui étaient maintenant siennes, elle s'affirma comme nouvelle maîtresse des lieux avec une froideur et un orgueil qui tranchait avec la chaleur qu'imprimait jadis notre père dans ces occasions. Et finalement, elle installa au château une rigueur et une absence d'émotion qui finirent d'acter le changement de gouvernance. Ces dix années hors de chez nous l'avaient changées. Certes, nous nous ressemblions encore suffisamment physiquement pour pouvoir tromper des personnes ne nous ayant vu que quelques fois, même si son visage s'était durci, lui donnait l'impression d'un rapace scrutant sa proie. Mais nos différences de tempérament s'étaient fortement éloignés, son sérieux, son arrogance et ses manières autoritaires lui forgeant un caractère bien plus froid et colérique que celui de gentille petite fille que me garantissait ma bonhomie, ma douceur et mon léger manque de confiance en moi. Elle était également revenue en parlant une nouvelle langue que personne dans la baronnie, et peu de personne dans le royaume tout entier, ne comprenait. Mais elle était surtout revenu avec un albionais, semblant être devenu son âme damnée et auquel elle se fiait pour toute les décisions économiques, administratives et politiques qui s'imposaient à elle. Erwin, qui comprenait mal notre langue mais avec qui elle pouvait converser dans une langue qu'eux deux pouvaient comprendre ; dont le caractère froid et calculateur avait, semble-t-il, complètement déteint sur ma demi-sœur ; et dont on ne savait précisément quel rôle il jouait exactement auprès et pour elle. Personne n'avait notamment pu savoir, d'une quelconque manière que ce soit, si leur relation s'arrêtait aux tâches de gestion de la baronnie, ou si elle se poursuivait dans un lit commun. Une bouffée d'odeur nauséabonde effleura mes narines. Reconnectant à la réalité, je regardais dehors. Nous étions arrêtés aux portes de ce qui semblait être un petit village. Un grognement, quelqu'un cria. Un coup de fouet, la voie de Michon, et le carrosse qui s’avança lentement, passant devant une file de paysans nous regardant d'un air mécontent. Après quelque seconde, le carrosse s'arrêta de nouveau au milieu de ce qui semblait être le village, sûrement un simple relais de poste, tandis que Michon parlait à une personne, sans que le brouhaha ambiant ne me permette de savoir ce qu'il se disait. Un cliquetis se fit entendre, avant qu'un homme en arme, tenant une sorte de fourche en métal et avec un sabre au ceinturon, n'apparaisse à la fenêtre : -Bien le bonjour, gente dame. Pour des raisons de protection de la capitale en cette période d'afflux massif, nous contrôlons l'ensemble des personnes qui veulent s'y rendre. Votre cocher me fait savoir que votre venue est motivée par l'invitation du Roi pour la période de festivités qui s'ouvre. Auriez-vous dans ce cas l'amabilité de pouvoir me présenter la missive d'invitation de notre bien aimé souverain ? -Oui... oui, bien... bien sûr, tout à fait, répondis-je nerveusement, prise au dépourvu. Je savais avoir emporté cette missive avec nos bagages, mais n'avais aucune idée d'où elle avait pu être rangée. Jusqu'à ce qu'elle apparaisse comme par magie devant mon nez, tenue à bout de bras par une Marthe souriante. -Tenez mon enfant. Je lui arrachais, sans le vouloir, le document des mains pour le donner en tremblotant à l'homme en arme. Il pris la missive en souriant et dit, tout en la déroulant : -Ne vous affolez pas, gente dame, la compagnie des mousquetaires du Roi n'a pas pour mission de terroriser les honnêtes gens, mais bien de les protéger. Vous n'aurez rien à craindre de nous si vous n'avez rien à vous reprocher. Il lut la lettre, la ré-enroula et me la retendit avec un sourire : -Tout est en ordre gente dame, je ne vous fais pas attendre plus que de mesure. Il se tourna vers l'avant du carrosse et cria: -Laissez passer le carrosse, tout est en ordre ! Le carrosse redémarra, passa devant le mousquetaire qui ramassait le mousquet qu'il avait laissé de côté, devant des barrières en bois gardés par d'autres hommes d'armes, devant les dernier bâtiments du relais de poste, avant de reprendre sa route vers la capitale le long d'un chemin de nouveau entouré de champs. Grégoire et Marise ronflaient encore. -Nous ne devons plus être très loin de l'arrivée, je suppose qu'il s'agissait du dernier relais de poste avant la capitale. -Je pense que tu as raison, Marthe. J'ai hâte d'arriver à destination pour pouvoir me dégourdir les jambes ! -Ihih, il faudrait aussi que vous vous dégourdissiez l'esprit, maîtresse. Vous semblez bien trop perdue dans vos pensées ces dernières heures. Est-ce l'année qui vous attend qui vous rend si anxieuse ? -Je suppose... L'année de festivités. Le Grand Bal du Roi. L'invitation express du Roi, pour une année de festivités dans la capitale, avec en point d'orgue un Grand Bal organisé au frais de la couronne, en présence du Roi même, qui pourrait d'ailleurs participer aux danses, dans un lieu encore tenu secret mais annoncé comme grandiose... La missive était parvenue à l'ensemble des duchés, comté et baronnies du royaume il y avait deux mois. Pas de doute, il s'agissait bien d'une authentique missive royale, et si elle parlait d'invitation, il y était clairement sous-entendu qu'il valait mieux ne pas y répondre défavorablement. Pour fêter les cinq ans de sa majorité, pour permettre à la noblesse du royaume de se retrouver après la période troublée qui venait de s'achever et panser les plaies de la purge qui s'était faite auprès des participants à la fronde, le Roi conviait l'ensemble des Ducs et Duchesses, Marquis et Marquises, Comtes et Comtesses, Vicomtes et Vicomtesses, Barons et Baronnes du royaume pour une année de festivités à la capitale, qui commencerait en août et se terminerait en août de l'année suivante par un Grand Bal organisé par le Roi lui-même dans un lieu grandiose qui annoncerait des jours fastes et heureux pour le royaume. L'année de festivité toute entière se ferait sous l'égide du bien aimé Roi suzerain. Le Roi invite également chaque Ducs et Duchesses, Marquis et Marquises, Comtes et Comtesses, Vicomtes et Vicomtesses, Barons et Baronnes à amener avec eux leur fils et filles célibataires si ils n'ont pas plus de 25 ans. La missive eu pour conséquence plusieurs réunions entre Anne, Erwin et moi-même, et sûrement d'autres réunions entre les deux sans que je ne sois conviée. Depuis deux ans qu'elle était revenue, nous n'avions pas forcément reçu suffisamment de visites de nobles susceptibles de se retrouver conviés à l'année de festivités pour détecter une nouvelle usurpation d'identité de la part de notre baronnie. D'autant que les gens se souviendraient peut-être plus facilement de moi comme Anne de Pont-Sainte-Croix, ayant endossé le rôle pendant dix ans lors desquels j'avais effectivement pu être en relation avec un certain nombre d'autres nobles venus visiter nos terres. Je supposais également que, sans qu'elle ne me l'ait explicitement dit, ma demi-sœur craignit qu'il puisse s'agir d'une éventuelle nouvelle mesure de représailles contre les fiefs anciennement frondeurs, malgré l'exécution des têtes dirigeantes. Sans que le choix ne me fut réellement laissé, il fut donc acté que ce serait moi qui endosserait le rôle d'Anne de Pont-Sainte-Croix, Baronne de Soulogne, pour cette année à venir, tout en me voyant adjoint une mission secrète autre que celle de seulement représenter la baronnie. « Et peut-être pourras-tu même finir dans le lit de notre bien aimé suzerain » me fit remarquer ma demi-sœur, avec un de ses si rares sourires depuis qu'elle était revenue. Cela me permettait surtout de quitter le château de Soulogne, devenu bien lugubre depuis deux ans. -On est arrivé, bailla Grégoire. Je reconnectais encore une fois à la réalité : de très haut murs, immenses, que nous franchissions en passant sous des herses acérées ; une odeur âcre et forte qui envahit mes narines ; des voies, des cris, des bêlements, un brouhaha sans nom, une cacophonie aux oreilles ; une luminosité qui tomba brusquement une fois le mur d'enceinte passé ; des gens, d'autres, partout, partout, un fourmillement, une marée, Michon criant et donnant des coups de fouet pour pouvoir passer, nos hommes d'armes tentant de forcer la marée humaine ; la chaleur ; la tête qui tournait ; -Vous n'allez pas bien maitresse ? ; qui tournait ; qui tournait... On me tapotait le visage. Marthe me tapotait le visage, tandis que Grégoire me soufflait dessus. -On dirait qu'elle reprend s'est esprits. Mes paupières papillonnèrent. Ma vue se stabilisa. Je vis les visages inquiets de Marthe et Grégoire. -Vous avez fait un malaise en entrant en ville, mon enfant. Je regardai Marthe. -Où... ? -Nous sommes arrivez à bon port. Nous sommes chez votre Grande-Tante. Il n'a pas été facile de se glisser jusque là, mais c'est fait. Heureusement que vous n'avez rien vu... Marthe pesta. -Mon enfaaaant ! Enfiiiiinnnnnn ! Je vis ma grande-tante sur le pas de sa maison particulière, entrant dans la cour pour venir vers le carrosse. -Et on me dit que vous avez fait un malaiiiiiise ! Palsaaaaaaambleu ! Elle s'était pouponné et vêtue d'une robe peut-être un peu trop encombrante pour se déplacer sur du gravier. Je descendis du carrosse, aidé par Marthe. Je me rendis compte avec angoisse que nous n'en avions pas parlé avec ma demi-sœur avant mon départ : savait-elle pour le changement d'identité ? -Ma petite Aaaaaaaaanne ! me fit-elle avec un clin d’œil, avant de me prendre dans ses bras et de m'embrasser. Elle savait.

Chapitre 1 :
Le Grand Bal du Roi

de l'histoire
Le Grand Bal du Roi
par Wargen

Une jeune fille vivait dans une humble chaumière, bordée de champs et d’une forêt sombre.La petite fille vivait avec son père et sa mère, mais n’avait ni frère ni sœur.Elle était curieuse, et n’avait de cesse de questionner ses parents sur le petit monde qui entourait la chaumière.  « D’où viennent les champs ? » demandait-elle.« C’est ton père, et son père avant lui, et son père avant lui, et leurs pères encore, qui, depuis quinze générations, labourent le sol, et plantent des graines, pour donner la nourriture que l’on mange. » répondait sa mère.« D’où vient l’eau ? » demandait-elle.« Ce sont les nuages qui se forment au dessus des océans, et qui amènent leur eau jusqu’ici, la laissant ensuite pleuvoir sur le sol pour le nourrir, et alors l’eau le traverse et une partie termine dans notre puits. » répondait sa mère.« D’où vient la maison ? » demandait-elle.« La maison est faite de pierres, qui viennent d’une petite carrière plus au sud, et dont les blocs ont été acheminés par carrioles, et de bois d’une ancienne forêt au nord, dont les troncs ont été tirés jusqu’ici avec des cordes. » répondait la mère.  La curiosité de la petite fille n’était jamais rassasiée, aussi chaque jour posait-elle les mêmes questions à sa mère. Mais si ses premières questions étaient anodines, elle finissait toujours par poser celle qu’il ne fallait pas.  « D’où vient la forêt ? » demandait-elle.  Chaque jour, à ces mots, le visage de sa mère s’assombrissait.  « Ma fille, jamais tu ne devras pénétrer dans cette forêt. Il y a longtemps de cela, cette forêt a été maudite. Aujourd’hui, c’est un lieu dangereux, d’où personne ne revient jamais. »  La petite fille acquiesçait aux mots de sa mère, comprenant son ordre de ne jamais, au grand jamais, pénétrer dans la forêt.Cependant, malgré les avertissements de sa mère, la curiosité de la jeune fille pour cette sombre forêt ne diminuait pas. Un beau jour, ses parents durent se rendre en ville, et laissèrent leur fille seule à la maison, après tout, elle était assez grande pour ça.Ils lui avaient préparer de quoi manger, et avaient fermé à clef la maison.Avant de partir, sa mère lui avait rappelé la plus importante des règles.  « Ma fille, nous devons partir quelques temps. Nous seront de retour au plus tôt. Reste à la maison, et quoi qu’il arrive, ne va pas dans la forêt. »  La fille avait opiné du chef.Désormais, la maison était vide, et la petite fille se retrouvait pour la première fois toute seule.Les bruits de la maison lui faisaient un peu peur, alors elle alla chercher son doudou pour s’en saisir et se rassurer. Après un peu plus d’une heure, le vent se leva, grandissant en force.La porte se mit à trembler, faisant claquer son verrou métallique. Le vent sifflait dans les petits interstices de la roche, et le bois grinçait sous la pression.La petite fille avait de plus en plus peur, et sentit les larmes lui monter aux joues. Au moment ou sa première larme coula, tout s’arrêta. C’est alors que la porte s’ouvrir calmement.La petite fille, encore apeurée, s’avança vers la porte ouverte, pour découvrir dans le sol une fleur d’un genre qu’elle n’avait jamais vu.C’était une fleur à cinq pétales. Tous étaient noirs, excepté leurs bases rouges, formant comme un cercle pourpre entouré de ténèbres. La tige de cette fleur, quant à elle, était d’un vert sombre, et hérissée d’épines. La petite fille trouva cette fleur magnifique, et la cueillit. À cet instant, un petit nuage de fumée se dégagea de la tige fraîchement coupée.Une autre fleur similaire sortit alors du sol, un peu plus loin.La petite fille hésita, elle voulait cueillir cette fleur aussi, mais elle se souvenait des paroles de sa mère. Après un temps de réflexion, elle avança vers la fleur. Après tout, elle n’avait pas le droit d’aller dans la forêt, mais elle pouvait s’en approcher.Cet ainsi que, fleur après fleur, la petite fille s’approcha sans s’en rendre compte de la forêt.Arrivée à son seuil, la petite fille se figea. Une nouvelle fleur venait de pousser, juste de l’autre côté de l’orée de la forêt. La petite fille la voulait, mais elle avait peur de la forêt. Un vent froid, presque glacial, surgit de la forêt, et entoura la petite fille. Gelée et grelottante, il lui fallu quelques secondes pour se rendre compte qu’une voix sifflait dans le vent.  « Petite fille, je suis la gardienne de ce lieu. Vient donc te réchauffer entre mes arbres. »  La petite fille avait peur.  « Ma mère m’a interdit d’aller dans la forêt. »« Pourquoi donc? »« Elle m’a dit que la forêt est maudite. »  Un sifflement surgit de plus bel, comme si le vent était en colère.  « Petite fille, cette forêt est magique. Elle peut faire des choses que les gens ne comprennent pas. Quand les gens ne comprennent pas quelque chose, ils en ont peur, et disent des choses méchantes. »« Mais c’est ma maman, et elle m’a dit de ne pas entrer dans la forêt. »« Petite fille, tu as froid, fais donc un pas, l’air sera plus chaud. Un seul pas. Tu pourras alors sortir si tu le désire. »  Les mots de la gardienne résonnaient dans la tête de la petite fille. Effectivement, un seul pas, ce n’était pas beaucoup.Après un temps de réflexion, elle fini par céder, et fit un pas dans la forêt.Soudainement, le vent sifflant cessa, et l’air devint doux et agréable.  « Il fait bon ici. »« Tu vois, petite fille, je ne t’ai pas menti »« Oui, vous avez dit la vérité. »« Mais oui, je ne suis pas méchante, je ne te veux que du bien. Rejoins moi dans le cœur de la forêt, petite fille. »« Je ne sais pas si je peux venir. »« Petite fille, je ne t’ai pas menti, tu peux me faire confiance. Tu sera rentrée avant le retour de tes parents. »  La forêt n’avait pas menti, la petite fille s’en rendait bien compte. Après tout, peut-être que c’était vrai. Peut-être que sa mère disait des choses méchantes sur la forêt car elle avait peur.Alors, la petite fille avança, s’enfonça dans la forêt.Elle ne le vit pas, mais derrière elle, les arbres firent disparaître les champs et la chaumière.La petite fille marcha longtemps, guidée par les fleurs noires, avant d’arriver devant une petite clairière.  « Petite fille, voici le cœur de la forêt. Avance. »  La petite fille s’avança donc. L’air y était plus doux encore, l’herbe rase était d’un vert éclatant, tout un tas de fleurs différentes étaient présentes ça et là, et surtout, au centre, trônait un saule pleureur imposant.Son tronc était large, dur, et ancien. De ses branches tombaient en cascades des milliers de feuilles semblables à des lianes. La petite fille trouvait cet endroit magnifique, et magnifique il était.  « Tu me vois enfin, petite fille. »  Étrangement, le ton de la voix de la forêt avait changé. Il était devenu un peu plus menaçant, et la petite fille recula d’un pas.  « J’ai faim, petite fille. »  Son ton était encore plus menaçant. La petite fille comprit qu’elle devait fuir, et alors qu’elle allait prendre ses jambes à son cou, une racine de l’arbre lui saisit la cheville droite de la petite fille.  « Tu vas me nourrir, petite fille, je vais absorber ton énergie, et tu fera ensuite partie de moi. »  Désormais, la voix était clairement maléfique, et semblait prendre plaisir de la situation.La petite fille avait fait une erreur, elle le savait, mais il était trop tard.Les racines s’enroulèrent autour de la petite fille, et l’emmenèrent sous terre. À l’orée de la forêt, bordant les champs et la chaumière, un nouvel arbre apparut. Quand les parents de la petite fille rentrèrent enfin chez eux, ils ne purent trouver qu’une maison vide, la porte ouverte, et devant elle, une fleure à cinq pétales noirs, dont la base était rouge, formant comme un cercle pourpre entouré de ténèbres, la tige d’un vert sombre, et hérissée d’épines.

Chapitre 1 :
La petite fille et la forêt

de l'histoire
La petite fille et la forêt
par Laurent
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