The Root Book

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Une plateforme d'écriture unique ?


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The Root Book facilite l'écriture collaborative

Tu veux écrire de la fiction à quatre mains, à six mains, ou même plus, facilement et sans avoir de co-auteurice ?

The Root Book est un site d'écriture collaborative unique, où n'importe qui peut participer à n'importe quelle histoire et à n'importe quel moment de l'histoire.

Quel que soit ton genre préféré - fantastique, romance, science-fiction - ta voix a sa place ici. Seule l'imagination est la limite !

La ramification des histoires

The Root Book fonctionne sur le principe d'une arborescence des chapitres : un seul prologue donne naissance à de nombreux chapitres 1, qui sont les débuts d'histoires Chaque chapitre peut avoir autant de suites que possible, et chacune de ces suites peut à son tour se diviser en de nombreuses histoires.


Image illustrant la ramification des chapitres
Image illustrant la ramification des chapitres

Il te suffit d'un pseudo et d'un email pour te mettre à écrire

Si tu as besoin d'améliorer ton écriture, tu peux relever les défis d'écriture et ainsi travailler, tout en voyant ce que les autres écrivains proposent.
Et si tu as une idée, tu peux créer ton propre défi à la suite du prologue, juste en cliquant sur la case "défi".

Beaucoup d'histoires par de nombreux auteurs

The Root Book est un site très dense, avec sa multitude d'histoires qui possèdent tous leur propre multivers. Pour t'aider à naviguer dans cet arbre géant, plusieurs outils sont à ta disposition.

L'arbre des histoires te permet de visualiser la structure de chaque histoire et de comprendre comment les différents chapitres s'articulent entre eux. C'est un excellent moyen de voir l'ensemble de l'histoire et de choisir où tu souhaites contribuer.

Notre système de tags te permet de trouver des histoires qui correspondent à tes centres d'intérêt. La page des tags. Sur chacun de tes chapitres, tu peux ajouter les tags que tu veux, même ceux que personne n'a encore utilisé !

Le Concept Unique de The Root Book

The Root Book, c'est une expérience littéraire unique que je t'invite à découvrir. Ici, la magie de l'écriture collaborative prend vie. Chaque histoire se transforme en un véritable cadavre exquis où chaque auteur apporte sa touche personnelle, pour une aventure littéraire sans pareil.

Chaque histoire possède son propre multivers !

The Root Book est porté par une association à but non lucratif, qui a pour mission de fournir un outil 100% gratuit et en ligne pour tous, afin que chacun puisse exprimer sa créativité.

Si tu es enseignant·e ou professeur et que tu souhaites utiliser notre plateforme pour ta classe, n'hésite pas à m'envoyer un message pour me poser toutes les questions. D'autres ont déjà passé le pas.

La Monnaie de l'Imagination : Les Points TRB (🌳)

Sur The Root Book, chaque action compte. Les points TRB, symbolisés par le petit arbre 🌳, sont une manière de récompenser ta participation active à la plateforme. Tu les gagnes en écrivant (que ce soit des chapitres ou des commentaires), en donnant et recevant des coups de pouce, en relevant des défis et même en faisant un don à l'association T.R.B.

Ces points ont de la valeur ! Ils peuvent te permettre d'afficher des liens vers tes réseaux sociaux, augmentant ainsi ta visibilité au-delà du site. Tu peux également proposer de nouvelles façons de les dépenser directement sur ton compte.

Nos Chiffres-Clés et des Tags

The Root Book, c'est une communauté dynamique et des histoires incroyables à découvrir.

510 auteur·rice·s inscrit·e·s
691 chapitres coécrits
857581 lectures

Voici les tags préférés sur la plateforme :
Collaboratif (203) Écriture (178) Début (147) Concours (127) Prologue (126)
(Si ton genre de prédilection ne s'y trouve pas, peut-être que tu devrais envisager de créer un compte pour remédier à ce problème !)

Si jamais tu es perdu, surtout n'hésite pas

Si tu as plus de questions, il existe une FAQ.

Si tu as des suggestions ou si tu rencontres des problèmes sur le site, n'hésite pas à me contacter. Je suis là pour t'aider et répondre aux demandes dans les plus brefs délais. Tu peux me contacter via le formulaire de contact.

Un site avec de fortes valeurs collaboratives

En tant qu'association, The Root Book est ouvert à de nombreuses possibilités de partenariat. Que tu sois une association, une entreprise, un blogueur ou un influenceur, nous sommes toujours ravis d'explorer de nouvelles collaborations.

Nous disposons d'un système de visibilité efficace qui peut aider à promouvoir ton travail ou ton organisation à travers notre plateforme et notre communauté d'auteurs passionnés.

Si tu es intéressé par un partenariat avec The Root Book, n'hésite pas à prendre contact via le formulaire de contact ou à l'adresse email suivante : information.the.root.book@gmail.com.


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Quelques Chapitres à ne pas oublier

Ma journée se poursuit comme un film catastrophe tendance gags en rafales. Rien de va ! Depuis la trace de café sur mon chemisier blanc jusqu’aux retards pris par l’atelier que je dois expliquer aux clients en passant par les plantages d’ordi. Comble de malchance, quand je peux enfin annoncer à Alban que son véhicule est disponible, je tombe sur sa messagerie où je laisse quelques mots très professionnels avant de lui texter également la nouvelle. J’ajoute un petit smiley humoristique, ça n’engage à rien. Et puis j’attends qu’il arrive – au galop, forcément bouleversé par mon humour – en vérifiant sans arrêt que cette fichue tache de café n’est pas visible. Mon optimiste naturel me conduit à penser que le sieur Adelson joue avec mes nerfs pour mieux me conquérir. La vérité est qu’il n’en a rien à faire d’une hôtesse de garage. Mince, ça sonne comme voie de garage ! Déprime. Quoi qu’il en soit, je n’ai même pas le plaisir des yeux de le revoir pour couronner cette infâme journée : il envoie un commis quelconque récupérer sa voiture. — Voilà la clé et la carte grise, dis-je d’un ton sinistre. — Excusez-moi, Mademoiselle, vous avez un bout de chocolat coincé entre les dents… Là... — Hein ? Alban, salaud de riche. D’accord, je ne le pense pas une seconde. Juste une occasion manquée de plus. Enfin, j’ai son numéro même s’il ne me sert à rien. Quand mon charme naturel – encore mon optimisme – menace de se révéler inefficace, c’est le moment de recharger les batteries de l’ego en sortant vérifier qu’Alban Adelson n’est pas le seul homme sur Terre. Le vendredi soir, l’ambiance est toujours torride au Marabout, établissement qui hésite toujours entre être un bar à cocktails branchouille et une boîte de nuit tropicale. En résumé, on peut y danser et y boire. C’est juste mon programme idéal. J’appelle ma meilleure amie, Jeanne, qui, avec sa peau cuivrée, ses petites fesses et ses seins tout ronds, est un véritable aimant à beaux mecs. Le grand jeu pour moi, c’est d’être assez pimpante pour prendre son sillage. Une fois qu’elle a séduit le roi de la fête, il me reste les roitelets. C’est du second choix pour ma bestie, mais le second choix de Jeanne, ça reste de la qualité. Et puis, j’ai beau n’avoir aucune chance de rentrer dans ses jupes, j’en ai moi-même quelques unes qui font de mon derrière un charmant objet d’études. Donc pas de complexe. Je carbure à la confiance et à la tequila. Malheureusement, ce soir, Jeanne est en mode supernova et tout le monde gravite autour d’elle. Je peux bien me convaincre que je suis moi aussi une étoile, je ne brille pas assez fort à ses côtés et elle n’a pas besoin de moi pour se faire valoir. Après tout, cette soirée est la suite logique des effroyables heures qui l’ont précédée : rien à en tirer. Reste le bar pour éviter la banquette de sinistre réputation. Au moins, Jeanne n’a-t-elle pas de sac à faire garder par sa bonne copine pendant qu’elle se trémousse. Donc tequila, ou n’importe quoi qui en contient. Tout en m’imbibant savamment, j’inspecte le public habituel du Marabout dont certains membres ont déjà eu le bonheur de partager ma couche, soit dit sans forfanterie. Le décompte mental est d’ailleurs rapide : quatre. Et ils sont tous là, tiens ! Ce n’est jamais désagréable de se remémorer quelques moments orgasmiques avec les participants sous les yeux. Je ne suis pas du genre à établir des palmarès mais je dois bien me décider sur un ordre pour mes tentatives de tantôt, si je ne veux décidément pas rentrer seule. Allez Demba, Frédéric, Milan et Abdoulaye en dernier, parce c’est vraiment un gros macho. Un frôlement de doigts sur mon bras, comme trois notes de piano, me sort de ma rêverie programmatique. — Tu continues à admirer les mâles ou tu me permets de t’offrir ta cinquième Tequila Sunrise ? La fille qui s’est adressée à moi à des cheveux courts turquoise qui répondent aux spots du bar par des reflets déments et un sourire dissymétrique mais franchement magnétique. — Ouch, je suis sous surveillance ! D’accord, si tu te joins à moi. Et il est temps que je passe au Margarita. — Barmaid ! Un Margarita pour… — Clémentine. — Ah. Et un Sweet Lady, ça me va mieux, eh ben, pour Clémentine aussi ! Je résume avant de plonger mes yeux dans les siens. Je suis en train de me faire payer un verre dans un bar où tout le monde vient pécho par une fille de même prénom et à peine plus jeune que moi qui aime décidément beaucoup me toucher le bras. Je suis là pour m’amuser, non ? — Je suis une Clémentine qui résiste mal aux jupes en cuir. — Et moi, une Clémentine qui a souvent l’habitude d’être la plus franche dans une conversation. Je n’ai pas de fétichisme pour les jeans taille basse. — Excellent ! Tchin quand même ? — Tchin absolument ! Et merci ! Si tu veux t’amuser, ma petite Clémentine, il est déconseillé de décourager d’emblée les rares interlocuteurs, et en l’occurrence, interlocutrices qui se donnent la peine de perdre quelques minutes de leur vie sexuelle en ta compagnie. — J’aime beaucoup, en revanche, les débardeurs blancs et les cheveux colorés… — Ouf. J’ai eu peur d’avoir mal contrôlé mon haleine. Tu as choisi ton chevalier servant du soir ? — Je crains d’avoir plus besoin du cheval que du chevalier ! Tu connais du monde ici ? — A peine une personne. Mais vraiment agréable. Une certaine Clémentine… — Ah ! Nouvelle en ville alors ? Et pressée de faire des rencontres ? — Pressée et pressante, j’en suis navrée. On ne se refait pas. — C’est donc officiel : tu me dragues ? — Complètement. Puisqu’il faut bien mettre un nom sur cette plaisante entrée en matière. — Et dans quelle matière souhaitez-vous entrer, Mademoiselle sans-gêne ? — Mes affreux jeans ont besoin de bouger. On danse ? Je suis là pour ne plus penser à Alban Adelson ou pas ? Et rien ne lui ressemble moins que la jolie liane qui m’entraîne sur la piste après avoir vidé son verre cul-sec. Après tout… La danse version Clémentine, elle, pas moi, est résolument lascive et vise à un rapprochement des corps en synchronisme parfait avec le rythme de la musique. La danse version Clémentine, moi, pas elle, est définitivement chaotique et vise à propulser les membres inférieurs et supérieurs dans des directions diverses sans aucun rapport avec le rythme de la musique. Une main sur ma jupe. Deux mains sur ma jupe. Une main dans ma main. Des doigts qui s’enlacent. Et puis, très vite ses lèvres sur mes lèvres. Et encore plus vite, ma bouche entrouverte. La sienne aussi. Exploration timide. Mélange de fluides, étape un. Clémentine embrasse très bien. Clémentine embrasse très bien. Je veux dire, moi aussi. Ses mains sur mes fesses nous font faire demi-tour. J’ouvre les yeux, ravie, prisonnière volontaire de cette bouche qui m’enchante. Alban est à cinq mètres de nous et tourne lentement la tête dans notre direction avec son sourire d’ange de l’amour. J’écarquille les yeux. Contact visuel dans trois secondes. Trois... Deux… Un...

Chapitre 2 :
Clémentine au carré

de l'histoire
Clémentine ou le pépin
par helhiv
Rencontre Comédie Romantique

Trop de pensées se bousculent dans ma tête, mais une d'entre elle éclipse soudainement les autres. - Êtes-vous réel ? m'entends-je demander. - Qu'est-ce que ça peut changer ? dit l'étranger en conservant son sourire disproportionné. Cela changerait tout en réalité car si mon invité n'existe que dans ma tête il ne pourra exaucer mes souhaits que dans mes rêves alors que s'il est réel, il pourrait bien changer ma vie. Mais il pourrait tout aussi bien mentir. - Je sais ce que tu penses. Je peux simplement t'affirmer que mes pouvoirs sur ce monde sont aussi immenses que le sourire sur mon visage. Sa réponse ne m'avance pas plus, mais après tout, pourquoi pas. Quoiqu'il en soit je n'arrive pas à me décider sur le vœu qui m'est le plus cher. Me faudrait-il un nouveau PC ou une nouvelle guitare ? Non, trop basique... Ou alors plutôt une maison ou un appartement pour vivre seul ? Ou carrément un hôtel ? Non, il faudrait peut-être voir plus grand... Un ticket de loto gagnant ? J'aurais été ravi de posséder toutes ces choses mais pour l'instant aucune ne me semble à la hauteur de la chance qui m'est donnée. - Je dois encore réfléchir... Je n'ai pas les idées assez claires au beau milieu de la nuit... - Tu es sûr ? Ça ne t'engage à rien, tu sais ! me répond-il de sa voix aiguë. - Ce n'est pas rien. Si tout ceci est réel, je préfère être sûr de mon choix. - Je peux t'accorder un peu plus de temps si tu en as besoin, tu n'auras qu'à me dire quel est ton souhait la prochaine fois que nous nous rencontrerons. Je hoche la tête, puis je ressens une fatigue intense alors que mes yeux sont fixés sur les pupilles noires qui me font face. Je l'entends vaguement me parler alors que je sombre. - Si ça ne te dérange pas, je vais rester encore un moment.   Le jour se lève et je me réveille en me rappelant parfaitement de chaque détail de ma conversation avec celui que j'ai choisi de nommer Monsieur Sourire. Contrairement aux rêves dont on ne garde au réveil que quelques bribes d'images qui s'effacent au fur et à mesure que l'on ouvre les yeux, ce qui s'est passé cette nuit est clair à mon esprit. Ce n'était pas un rêve. Mon regard balaie la pièce en s'arrêtant sur le rocking-chair qu'occupait Monsieur Sourire hier, il est vide bien entendu, mais je m'attendais presque à le voir encore assis dessus. Je me rends à peine compte que le réveil est toujours en train de sonner, je tends le bras et l'éteins avant de commencer à me préparer. Je me sens plein d'énergie aujourd'hui, mais celle-ci me semble disparaître lorsque les grilles du lycée entrent dans mon champ de vision. Encore une journée qui s'annonce longue et monotone, mais pour une fois j'aurai de quoi occuper mon esprit. Quand arrive l'heure de la récréation, je m'installe seul sur mon banc, avec mes écouteurs vissés dans les oreilles, comme à mon habitude. Mais cette fois-ci je n'écoute pas de musique, car toute mon attention doit être focalisée sur une seule chose : la réponse à donner à Monsieur Sourire. Je suis tellement concentré que je remarque à peine le passage de Sophie. Seul le léger parfum de rose flottant dans l'air me ramène un instant à la réalité, mais elle est déjà partie, sûrement sans un regard pour moi, comme toujours. Je retourne à ma réflexion qui m'occupera tout au long de la journée.   Le soir venu, je me glisse dans mes draps, avec l'impression de n'avoir jamais autant souhaité être à cet endroit. Il est encore tôt et je me demande si mon invité de la semaine se fera attendre. Les heures passent mais je reste éveillé. Enfin, tant que je le peux. C'est seulement au moment où le sommeil semble me gagner que le bruit du loquet qui se déverrouille me tire de ma torpeur. Le rituel que je commence à connaître par cœur se déroule à nouveau et Monsieur Sourire s'installe sur le rocking-chair qui l'attend. Il me regarde sans dire un mot, se contentant de conserver son expression habituelle. Je décide donc d'engager la conversation. - Bonsoir. - Bonsoir. Quelques secondes passent. - Alors, tu as réfléchi ? me demande mon invité. - Oui. Mais il faut d'abord que je vous pose une question : vous avez bien dit que vous pouviez réaliser n'importe quel souhait ? Un instant, je crois déceler une pointe d'agacement dans le regard sombre qui me fixe, mais cette impression se dissipe immédiatement. - Il me semble avoir été assez clair à ce sujet. Clair n'est pas l'adjectif que j'aurai choisi pour décrire le discours de Monsieur Sourire, mais il ne me donnera pas plus d'explications, je le sais déjà. Sans être tout à fait certain que c'est une bonne idée, je lui exprime alors mon vœu : - Je souhaite que vous ressuscitiez mon père.

Chapitre 2 :
Faire un choix

de l'histoire
Le troisième soir
par BanjiBanjo
Fantastique Nuit Voeux

— Bon, il est temps que nous nous en allions, déclare monsieur Faustin. Bonne chance.  — À propos de ça, demande aussitôt le garçon à lunettes en brandissant les "règles de bonne conduite", c'est très étrange, ça veut dire quoi ?  — Tout ce que vous avez besoin de savoir se trouve sur cette feuille, répond madame avec un sourire ferme.  — Ce que ma femme veut dire, précise monsieur, c'est que vous allez jouer à un jeu tous ensemble cette nuit. Considérez que ça fait partie du travail que nous vous proposons, en dépendra votre paie.  — Paie ?  Soudain intéressé, le garçon appelé Rémi lit la feuille de papier. Orianne l’a déjà fait, elle aussi l’a trouvée bizarre. Mais tout s’éclaircira sans doute bientôt, elle ne va pas se casser les méninges maintenant.  —   Sur ce, nous vous laissons.  —   Et les triplées ? s’inquiète Orianne.  —   Nous les avons appelées, elles arrivent. Merci de votre présence, et bonne chance.  Impossible de dire si leur ton est humoristique ou pas. Le couple laisse les sept « nounous » là, dans le salon.   ***   — Ah ! Je suis si contente que vous êtes là !  À peine ses parents ont-ils disparu que débarque depuis les escaliers une adorable fillette aux couettes d’un blond éblouissant. Elle se jette pour faire un câlin au premier venu, à savoir une jeune fille qui se cache derrière une autre. Cette dernière semble complètement dépassée et balaie l’assistante d’un regard emprunt de panique.  — Allons, tu es mignonne, mais il ne faut pas être si brusque, la réprimande gentiment Madeleine, tu ne nous as même pas dit ton nom.  — Pardon ! Je m’appelle Félicité ! — Moi c’est Victoire.  Une autre fillette blonde arrive, nettement moins pressée et joyeuse. Elle fixe les grands d’un air presque défiant. La ressemblance entre les deux sœurs est frappante, d’autant qu’elles portent la même robe noir à col blanc, seule leur coiffure permet de les différencier. Victoire arbore en effet une haute queue de cheval.  — Bonsoir, lance la dernière des triplées, je suis Gloria.  Elle gratifie l’assistance d’un sourire poli, ses cheveux à elle sont lâchés en élégantes boucles anglaises. Les trois jolies petites filles se rassemblent devant leurs superviseurs de la soirée. À vrai dire, autre chose les différencie, remarque Madeleine. Félicité porte des sandales à paillettes, Victoire des chaussures de course, et Gloria des ballerines noires.  — J’ai un cadeau pour vous ! s’exclame une jeune fille un peu trop maquillée.  Elle sort de son sac à main trois rubans, un vert, un rose et un bleu.  — Ils sont de la couleur de vos trois héroïnes préférées, les SuperNanas, c’est bien ça ? Je les ai faits moi-même.  — Oh c’est trop bien, merci ! s’écrie Félicité en attrapant le ruban rose.  — Je serai Rebelle, dit Victoire d’un air satisfait en s’emparant du ruban vert.  — Alors, je prends celui de Bulle, l’imita Gloria. Merci madame.  — Mais de rien !  Madeleine ne connait pas les « SuperNanas » mais elle est ravie de voir que cette jeune fille d’apparence superficielle a eu une aussi délicate attention. Elle décide d’attendre pour révéler son propre petit présent.   ***   — Le dîner est à 20h, déclare Victoire d’une voix autoritaire pour son petit gabarit. Avant ça, on va jouer à des jeux. Trois jeux.  — Mais, on a pas le temps, objecta Ernest. Depuis qu’il a lu les règles de bonne conduite, il a l’impression d’avoir chaud. Les ruminations de son père tournent dans sa tête. Non, il doit s’être trompé, cette mise en scène étrange n’a rien à voir avec des disparitions.   — On va inviter des gens à jouer avec nous, dans nos chambres. On finira à temps.  — Moi je veux que vous veniez jouer avec moi au Pictionary ! lance Félicité en désignant les deux filles qui restent collées l’une à l’autre (enfin surtout une reste collée à l’autre), et le quarantenaire.  Ernest a essayé de retenir tous les prénoms quand ils se sont présentés, tout à l’heure, mais il a déjà oublié. C’est comme s’il pouvait entendre son père lui faire un sermon à ce sujet.  — Vous, vous venez avec moi pour du Uno, fait Victoire en pointant du doigt la vieille (Madeleine ! Madeleine, c’est son nom), et… ah oui, Rémi.  Il a retenu quelques prénoms, heureusement.  — Vous joindriez-vous à moi pour une partie de Seven Wonders ? lui demande Gloria, ainsi qu’à celle qui leur a offert les rubans.  — De quoi ?  — C’est un jeu où on doit construire une des sept merveilles du monde, suivez-moi.  Ernest échange un regard avec la jeune fille blonde.  — Tu connais ce jeu ? s’enquiert-elle alors qu’ils franchissent les longs couloirs à la suite de leur petite guide.  — Oui, j’y jouais avec des amis en ligne pendant le Covid. Mais je pense que c’est trop difficile pour une enfant. Il y a plein de règles et de cartes.  Cependant, à sa grande surprise, Gloria leur présente une édition visiblement collector magnifique du jeu, et commence à distribuer les cartes en expliquant savamment les règles à – il venait de lui demander – Orianne. Non seulement ça, mais elle manque presque de gagner au jeu face à Ernest. Elle ne ressemble définitivement pas à une enfant, et cela le met mal à l’aise.    ***   Lucie n’a pas été mise en confiance par l’étreinte surprise de Félicité. Angie lui pose une main apaisante sur l’épaule.  — Ce n’est qu’une petite fille, elle ne voulait sans doute pas te surprendre.  Lucie hausse les épaules. Angie le sait, elle a failli perdre ses moyens devant tout le monde, alors même que la soirée n’a pas vraiment commencé.  — Est-ce que tu peux te mettre dans mon équipe ? demande directement Félicité à Lucie quand le quatuor arrive dans sa chambre à la tapisseries rayée.  — Heu… oui, si tu veux, balbutie la jeune fille.  Angie lui glisse un sourire encourageant. Elles sont cousines et, depuis qu’elle est petite, elle se rappelle avoir toujours veillé sur elle. Ça lui semble comme naturel.  — Vous serez contre nous, établie donc la fillette en poussant Angie contre le quarantenaire.  Cette dernière ne se sent pas très confortable à jouer avec un inconnu beaucoup trop âgé pour vouloir être les nounous. N’a-t-il pas déjà un travail ? La vieille femme adore les enfants, mais ça n’a pas l’air d’être son cas. Enfin, s’il s’était montré aussi affable qu’elle, Angie l’aurait suspecté de pédophilie. Elle ne sent pas ce type.  Il est d’ailleurs très nul au Pictionary, essayant à peine de répondre et gribouillant des figures informes. En face d’eux, Félicité et Lucie cartonnent, on dirait des télépathes. Lucie sourit enfin. Sur le côté, Angie remarque que, dès qu’elle n’a pas les mains occupées, la petite fille dessine sur la notice des figures monstrueuses.  Malgré leur avance, le dé ne porte pas chance aux deux nouvelles amies, et le dénommé Melvil, pris d’un regain d’orgueil, commence finalement à s’investir. Leur équipe gagne de peu. Félicité ne se vexe pas du résultat pourtant injuste, au contraire, elle sourit de toutes ses dents.    ***   Victoire est une gamine vicieuse, c’est ce que se dit Rémi quand il reçoit son troisième +4. Cette petite peste semble se délecter de son visage déconfit. Si ce n’était pas pour 500 balles, il lui rappelait bien qui est l’adulte, ici. Ce qui est sûr, c’est qu’elle est aussi impitoyable avec lui qu’avec la pauvre vieille qui comprend à peine les règles du jeu. Seulement, lui joue après la fillette, la plupart du temps.  La chance est prête à tourner quand il pioche enfin un +4. Pile au tour suivant, Victoire en abat un dans sa directionn, en clamant « uno  ! ». Il pose le sien par-dessus avec soulagement. Madeleine fixe ses cartes d’un air confus, puis en saisit une.  Rémi jubile tandis que l’air triomphal de Victoire s’évanouie.  +4. — Ça fait 12 cartes, indique Rémi à la fillette. Je peux t’aider à compter si tu veux. S’il avait osé, il aurait lancé un « cheh ».  C’est alors que la gamine fond en sanglots. La vieille se précipite sur elle pour la réconforter.  — Je veux pus jouer, c’est bon, vous avez gagné ! renifle-t-elle.  Mais quelle mauvaise perdante. Enfin, c’est qu’une gosse après tout.  La torture du jeu étant fini, ils rejoignent les autres pour le dîner, à 20h. La table est déjà mise et le repas servi. Une petite carte signale qu’il s’agit de veau au citron, et qu’il est accompagné d’un plat végétarien. Rémi pensait que les nounous et fillettes étaient seules, mais visiblement le couple bourgeois a des serviteurs à disposition.  Rémi va pour s’asseoir où il veut mais une petite main le retient.  — Tu peux mettre un couvert supplémentaire, s’il te plaît, demande Victoire.  Il se rappelle des règles de bonne conduite et accepte, mais en soufflant. Le temps qu’il fasse l’aller-retour avec les couverts, tout le monde est déjà assis. Il se retrouve à devoir manger entre la mauvaise perdante et « l’Ami ».    ***   500 euros, c’est beaucoup, et c’est à cette pensée que se raccroche Melvil devant ce dîner des plus ennuyeux. Chaque personne se représente à son tour, en précisant ses centres d’intérêts, ce qu’elle fait dans la vie. Quand vient le sien, Melvil répète juste son nom. Il jette un regard à l’assistance pour que tout le monde comprenne qu’il n’en dira pas plus.  Un court silence suit l’énonciation de son nom, pendant lequel Félicité se penche du côté de la place vide comme si elle écoutait quelqu’un lui chuchoter quelque chose.  — L’Ami dit que tu seras chargé de répertorier les dégâts, déclare-t-elle.  — Pardon ?  Ces règles de bonne conduite sont d’un ridicule, autant que l’ordre que vient de lui donner cette gamine. Et de quels dégâts elle parle ? Aucune des triplées ne semble prête à lui donner des précisions. Heureusement que le veau au citron est bon.  — Pour le dessert, j’ai fait un gâteau au chocolat ! annonce gaiement la retraitée.  La vieille dame est aux anges, en même temps elle ne doit pas être habituée à avoir autant de monde autour d’elle. Pour une fois, les filles ont une réaction de joie unanime et se jettent sur leur part respective comme des affamées. Elles participent aisément aux conversations entre « grands »qui naissent d’un bout à l’autre de la table. Melvil n’est pas d’humeur, et c’est bien le seul. Même la lycéenne apparemment timide a été transformée par son jeu avec Félicité et discute avec elle. Quant au jeune homme qui s’est fait prier de ramener de nouveaux couverts, il semble s’être lancé dans un essai de drague envers Angie, sa partenaire de Pictionary. Enfin le dîner est terminé. Tout le monde aide à débarrasser la table. Les fillettes réclament alors qu’on leur diffuse des épisodes des SuperNanas avant qu’elles n’aillent se coucher. L’ensemble des baby sitters se retrouve donc à végéter devant un dessin animé pour enfants. Melvil entend un « claque » à un moment. Il vérifie sa montre : il est 21h.  Après une longue demi-heure, il est temps de coucher les filles. Melvil laisse les autres s’en occuper, lui veut aller se fumer une clope. Mais la porte est fermée, ainsi que les portes-fenêtres qu’il essaie. Il se rappelle la feuille d’instructions, et jure.  À 21h45, comme prévu, le téléphone est coupé, et bientôt, internet. Les jeunes ont l’air décontenancé par le fait de ne plus avoir accès au web. Une ambiance un peu lourde s’installe.  — Et si on allait regarder la télé, comme on nous a dit ? propose la blonde.  Tout le monde hoche la tête sans répondre. Ils se dirigent vers le salon et le binoclard allume la télé. Un message en blanc sur noir s’affiche alors à la place des SuperNanas.  Bonsoir, je suis l’Ami,  Je vous invite à ouvrir le tiroir qui se trouve sous la télé. Il contient 7 cartes de jeu. Ces cartes sont électroniques. Elles fonctionnent grâce à la chaleur du contact de vos mains. Elles indiquent la position de chaque personne se trouvant dans la maison, mais sans préciser qui est qui.  Je vous invite à conserver votre exemplaire sur vous, il vous sera utile.  Bonne chance.  Encore ce « bonne chance », Melvil trouvait ça horripilant. En tout cas, leur carte fonctionne bien, une fois en main, le plan de la maison en lignes blanches apparait. Il y a sept points pâles dans le salon, et trois dans une chambre chacun. Parfait, avec ça il va pouvoir s’isoler pour fumer une clope sans que personne ne vienne se plaindre de l’odeur. Il reste dans son petit coin de couloir, observant le groupe e petits points blancs toujours rassemblé dans le salon. L’heure tourne, et à la fin de sa troisième clope, il commence à en avoir un peu marre, alors il rejoint les autres.  — Merci à tous pour cette belle soirée, entend-il en arrivant dans la pièce, mais il n’a pas le temps de comprendre le contexte.  Toutes les têtes se tournent vers lui. Il sent une goutte de sueur rouler dans son cou.  — Il est 22h54, on va devoir se séparer, brièvement, dit Angie.  Elle insiste sur ce dernier mot en regardant l’autre lycéenne. Cette dernière secoue d’abord la tête, mais finit par se résigner. Chacun part de son côté. Melvil opte pour la piscine intérieure. Une piscine intérieure, y a que les riche pour avoir ça.  Il est 23h, Melvil entend un claque sonore derrière lui quand il ferme la porte. Il tend l’oreille, il lui semble entendre des pas, de l’autre côté. Quelqu’un qui n’aurait pas respecté la consigne ?  En tout cas, il aurait bien aimé piquer une tête dans cette vaste piscine. Mais très vite, la porte se rouvre. Il fait un pas dans le couloir, intrigué. Il se rend alors compte que le sol est couvert de sang. 

Chapitre 2 :
Les jeux

de l'histoire
À 19h chez les Faustin
par AudreyLys
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Plume et ses 194 🌳 se battent pour une place sur le podium.



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