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The Root Book facilite l'écriture collaborative

Tu veux écrire de la fiction à quatre mains, à six mains, ou même plus, facilement et sans avoir de co-auteurice ?

The Root Book est un site d'écriture collaborative unique, où n'importe qui peut participer à n'importe quelle histoire et à n'importe quel moment de l'histoire.

Quel que soit ton genre préféré - fantastique, romance, science-fiction - ta voix a sa place ici. Seule l'imagination est la limite !

La ramification des histoires

The Root Book fonctionne sur le principe d'une arborescence des chapitres : un seul prologue donne naissance à de nombreux chapitres 1, qui sont les débuts d'histoires Chaque chapitre peut avoir autant de suites que possible, et chacune de ces suites peut à son tour se diviser en de nombreuses histoires.


Image illustrant la ramification des chapitres
Image illustrant la ramification des chapitres

Il te suffit d'un pseudo et d'un email pour te mettre à écrire

Si tu as besoin d'améliorer ton écriture, tu peux relever les défis d'écriture et ainsi travailler, tout en voyant ce que les autres écrivains proposent.
Et si tu as une idée, tu peux créer ton propre défi à la suite du prologue, juste en cliquant sur la case "défi".

Beaucoup d'histoires par de nombreux auteurs

The Root Book est un site très dense, avec sa multitude d'histoires qui possèdent tous leur propre multivers. Pour t'aider à naviguer dans cet arbre géant, plusieurs outils sont à ta disposition.

L'arbre des histoires te permet de visualiser la structure de chaque histoire et de comprendre comment les différents chapitres s'articulent entre eux. C'est un excellent moyen de voir l'ensemble de l'histoire et de choisir où tu souhaites contribuer.

Notre système de tags te permet de trouver des histoires qui correspondent à tes centres d'intérêt. La page des tags. Sur chacun de tes chapitres, tu peux ajouter les tags que tu veux, même ceux que personne n'a encore utilisé !

Le Concept Unique de The Root Book

The Root Book, c'est une expérience littéraire unique que je t'invite à découvrir. Ici, la magie de l'écriture collaborative prend vie. Chaque histoire se transforme en un véritable cadavre exquis où chaque auteur apporte sa touche personnelle, pour une aventure littéraire sans pareil.

Chaque histoire possède son propre multivers !

The Root Book est porté par une association à but non lucratif, qui a pour mission de fournir un outil 100% gratuit et en ligne pour tous, afin que chacun puisse exprimer sa créativité.

Si tu es enseignant·e ou professeur et que tu souhaites utiliser notre plateforme pour ta classe, n'hésite pas à m'envoyer un message pour me poser toutes les questions. D'autres ont déjà passé le pas.

La Monnaie de l'Imagination : Les Points TRB (🌳)

Sur The Root Book, chaque action compte. Les points TRB, symbolisés par le petit arbre 🌳, sont une manière de récompenser ta participation active à la plateforme. Tu les gagnes en écrivant (que ce soit des chapitres ou des commentaires), en donnant et recevant des coups de pouce, en relevant des défis et même en faisant un don à l'association T.R.B.

Ces points ont de la valeur ! Ils peuvent te permettre d'afficher des liens vers tes réseaux sociaux, augmentant ainsi ta visibilité au-delà du site. Tu peux également proposer de nouvelles façons de les dépenser directement sur ton compte.

Nos Chiffres-Clés et des Tags

The Root Book, c'est une communauté dynamique et des histoires incroyables à découvrir.

510 auteur·rice·s inscrit·e·s
691 chapitres coécrits
862058 lectures

Voici les tags préférés sur la plateforme :
Collaboratif (203) Écriture (178) Début (147) Concours (127) Prologue (126)
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Si tu as des suggestions ou si tu rencontres des problèmes sur le site, n'hésite pas à me contacter. Je suis là pour t'aider et répondre aux demandes dans les plus brefs délais. Tu peux me contacter via le formulaire de contact.

Un site avec de fortes valeurs collaboratives

En tant qu'association, The Root Book est ouvert à de nombreuses possibilités de partenariat. Que tu sois une association, une entreprise, un blogueur ou un influenceur, nous sommes toujours ravis d'explorer de nouvelles collaborations.

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Quelques Chapitres à ne pas oublier

Bordel, c’est quoi ce délire ! Une araignée qui parle ? Mon cœur tambourine dans ma poitrine oppressée. La fuite parmi les méandres du labyrinthe de verre et d’acier m’a vidé de toute force, encore plus maintenant que je me sais foutu. Du sang coule depuis ma joue ouverte, traînée écarlate poisseuse sur le masque souple qui couvre ma bouche et mon nez. Mon souffle saccadé accélère la consommation de ma réserve d’oxygène. Mais je n’ai pas le choix. Bien que l’aiguille de l’analyseur de gaz ne cesse de baisser, l’atmosphère ambiante conserve une teneur anormale en méthane. Je ne peux l’enlever malgré la condensation sur ses parois de plastique, sa chaleur qui m’étouffe et m’empêche de reprendre correctement ma respiration. Je me force à regarder la chose en travers de mon passage, vers la sortie, vers la lumière diaphane du jour au loin. L’épuisement de ma course, conjugué à l’angoisse me noue les tripes, me fige sur place. Par tous les saints, comment cet insecte géant peut-il parler en plus d’exister ? Dans le monde animal, aucun arachnide ne possède de cordes vocales ! Sombre idiot. Puis-je encore évoquer un savoir scientifique confronté à ce que nous venons de découvrir ? Certainement pas. Aucune rationalité ne persiste ici-bas. Pourtant je cherche encore à m'y raccrocher. La sueur ruisselle le long de mon dos, imprègne chaque pore de ma peau. Je frissonne sous ma chemise. Je tremble alors que je me noie dans le gouffre de mes terreurs. Paralysé. Je n’arrive plus à réfléchir. Pourtant, quelque chose tente d’émerger à la surface, de briser la panique qui obère ma raison. Mais je ne parviens pas à mettre le doigt sur ce qui cloche, a retenu mon attention. Seule persiste l’horreur. L’air qui m’alimente brûle mes poumons, aussi sec que la fournaise au dehors. Elle avoisine les soixante degrés Celsius. Mais ici, c'est aussi frais qu'une tombe. Notre tombe. Ma tombe. Combien de réserve me reste-t-il avant de me retrouver en hypoxie ? Je n’ose pas jeter un œil à la jauge du respirateur. J’ai trop peur de déclencher une réaction de la créature. Une attaque signerait la fin de cette stupide aventure archéologique. Soudain, une prise de conscience brutale m’assène une gifle monumentale. Cette voix ne m’est pas inconnue. Non ! Dieu, aidez-moi ! C’est celle… de Ronan ! Mais il est mort, bouffé par cette saloperie, comment… ? Contre toute attente, ma foutue lampe revient à la vie. L’horreur absolue se révèle dans le faisceau tremblotant qui balaye le corps velu face à moi. Là, derrière les mandibules, il y a quelque chose en mouvement. Une excroissance incongrue sous l’abdomen de la bête. La tête de Ronan. Elle oscille de droite à gauche, fusionnée par le cou à l’animal. Ses yeux vitreux roulent dans leur orbite sans me voir, les muscles faciaux se contractent de façon anarchique, sa bouche s’ouvre, ses lèvres blêmes s’animent. Et la chose parle à nouveau : — Tu sembles décontenancé, humain. Tu ne t’attendais quand même pas à t’en sortir ? Tu m’as fait courir, mais le jeu touche à sa fin. Tu n’as aucune chance de survivre à ton compagnon. Mon cerveau s’active désespérément. Je dois trouver une échappatoire à ce cauchemar. Je déglutis à plusieurs reprises, puis réponds en bafouillant au travers du silicone qui couvre mon visage : — Pitié. Nous… nous… sommes juste des explorateurs. — Mensonges ! J’ai accès aux souvenirs de Ronan. Je sais tout de vos motivations. Pouvoir, avarice, sont les moteurs de votre venue. Je frémis encore une fois à l’écoute de cette voix désincarnée, mais si familière. Je maudis la photo envoyée par le Conseil National de la Recherche Archéologique. Un cliché qui révélait une anomalie structurelle détectée par le LiDAR satellitaire. Sans lui, jamais Ronan et moi n’aurions imaginé nous retrouver dans la région la plus inhospitalière du globe. Le Rub Al-Khali, surnommé à juste titre le « quart vide ». Mais le CNRA nous avait demandé d’enquêter à moindres frais sur ce qui pouvait être les vestiges d’une civilisation disparue, nichée entre l’Arabie Saoudite, le Yémen et le Sultanat d’Oman. Emplis de rêves de gloire, cette découverte archéologique nous aurait incontestablement assuré à Ronan et moi une reconnaissance mondiale. Mais ce n’était pas des ruines cachées sous les sables ardents de ce désert de merde. Et nous allons crever pour cette erreur d’appréciation. Enfin, juste moi, maintenant. Pourtant, même en cet instant de terreur absolue, je ne peux m’empêcher de songer aux merveilles que recèle ce vaisseau extra-terrestre enfoui ici depuis des temps immémoriaux. À n’en pas douter, tout ce qu’aucun d’entre nous n’osera jamais imaginer. Les mandibules claquent soudain et m’arrachent à mes pensées. Je vois un liquide suinter entre elles. Du venin ? Les huit yeux aux multiples facettes sont des abysses de noirceurs. Ils me fixent avec une froideur qui me glace le sang. Jamais je ne parviendrai à rallier la jeep. Je tente une dernière intervention pour reculer l’inévitable. — Que… qu’êtes-vous ? Les lèvres de Ronan bougent à nouveau. — Votre fin. Je suis le Semeur. Je suis venu ici pour coloniser ce monde encore primitif il y a de nombreux éons. Mais une météorite géante a alors frôlé mon vaisseau au moment de sa rentrée dans l’atmosphère, l’envoyant s’écraser à des milliers de kilomètres du point d’impact. L’astéroïde a fini sa course dans l’océan, déclenchant un cataclysme planétaire. Je n’ai eu d’autre choix que d’hiberner en attendant la conclusion de l’apocalypse qui causa l’extinction de masse de ce que vous appelez dinosaures. Mais les circuits qui devaient me réveiller ont défailli suite au crash. Enseveli sous des tonnes de sédiments, ma catalepsie a duré bien plus que nécessaire, 66 millions de vos années plus exactement. Sans vous, elle aurait duré indéfiniment. Lorsque que vous avez forcé et laissé ouvert le sas, de l'air extérieur s'est introduit, a modifié la teneur de l’atmosphère interne. Cela m’a ramené à la vie. Mais trève d'explications. Grâce à l’encéphale de Ronan, je comprends que vous êtes l’espèce dominante désormais. Je dois donc vous éradiquer. Ici réside des secrets auxquels aucun être intelligent ne doit accéder. C’est dans les tréfonds de l’arche que sommeillent mes œufs. Des milliards, prêts à éclore. Mon Dieu ! C’est de la folie ! Qu’avons-nous fait ? Mon cerveau abasourdi cherche une solution. Mais que puis-je faire, moi pauvre humain, face à cette abomination stellaire. Je suis si insignifiant. Il ne me reste qu’à mourir. Au moins je n’assisterai pas à l’horreur que nous avons déclenchée par notre absurde quête de gloire. Soudain un « blip » retentit et crève l'abcès du silence de cette situation dramatique. Ce n'est que le rappel de l'arrivée à terme de la réserve d'oxygène de mon respirateur. Manquait plus que çà. Mais ce son inopportun fait germer l'idée, la solution ultime pour mettre un terme à cette folie. Une échappatoire définitive, peut-être salutaire pour les autres. Pas le choix. Ma main fébrile farfouille dans ma poche de pantalon. Où est-il , putain ! Mon Dieu, faites que je ne l’ai pas laissé dans la jeep ! Ma paume moite effleure la surface lisse qui représente l’espoir de toute l’humanité. Aurais-je le courage nécessaire ? Je plonge mon regard dans les yeux noirs terribles de la bête. Impossible de déchiffrer quoi que ce soit. Aucune émotion. L’araignée se met en branle et se rapproche de moi. Elle a décidé de me tuer. Je sors de ma poche le carré de métal brillant, l’ouvre d’un doigt et actionne le zippo du briquet. Une flamme naît. C’est la dernière chose que je vois avant que le méthane contenu dans le vaisseau extra-terrestre s’embrase. Sa teneur, combinée à celle de l’air extérieur se trouvait comprise entre cinq et quinze pour cent… le parfait seuil d’explosivité du méthane en milieu confiné.  

Chapitre 3 :
Araignée

de l'histoire
Traqué
par Shadowlight
Horreur Araignée Fantastique

Vous requestionnez le barman, en lui demandant ce qu'il a à vous proposer. Le regard du barman brille. Décidément, c'est une manie chez lui. Il ouvre la bouche, le doigt tendu. Puis la referme. La rouvre. Et la referme. Comme un poisson dans l'eau. Vous fronçez les sourcils, tandis qu'il cligne des yeux de manière névrotique. Son doigt toujours tendu se met à trembler dangereusement. Vous le lui attrappez pour le calmer, et lui demandez ce qui ne va pas. -Bah, voyez-vous, c'est bien la première fois qu'on m'demande ça. D'habitude, les gens savent ce qu'ils veulent : de la cervoise, du vin aigre, du jus de tomate aromatisé, de l'alcool de patate, un expresso avec sucre, de la cirrhose, un lait de sphinx/fraise, des trucs basiques, quoi. Et là, vous m'demandez de choisir. Il inspire profondément, et vous recrache, véhément: -J'sers pas d'choix par ici, mon gars! Vous le regardez quelques secondes, débitatif, puis lui demandez s'il a une carte. -Ah oui, ça, j'ai! Il vous tend une carte : "Ralph Launaine, barman-gérant du Rat Chantant, auberge et hostellerie, 3 chemin de la Boue Hivernale, Troupomé, Royaume de Titania". Vous lui faite remarquez que c'est une carte de visite, et que vous vouliez une carte de consommation. -Une quoi? Pouvez pas me demander des trucs clairs, boudiou! Vous soufflez fortement par les narines, reprenez votre calme, et lui demandez, en souriant, pourquoi Prosper le Puant vous aurait demandé de retrouver ici un certain Lim-Dûm. -Ben, pasqu'il traine par ici, pardi! répond le nain en indiquant la table avec les quatre joueurs de carte.

Chapitre 5 :
Vous requestionnez le barman

de l'histoire
Belette Affable
par Wargen
Fantasy Héros Humour

C'était un mardi matin comme un autre. Il s'était mis à pleuvoir des cordes, il y a de cela quelques minutes. J'avais eu la malchance de me retrouver chasser de mon propre appartement, alors que je venais à peine de sortir du lit. Paradoxalement, cette scène m’était quelque peu familière. Si je comptais bien, c'était tout de même la 6ᵉ fois en deux mois que de tels déboires m’arrivait. J’aurais sans doute préféré éviter la fraîcheur automnale et l'odeur des pots d'échappements des travailleurs se rendant à leurs bureaux. Mais si je devais être parfaitement honnête, j'y étais tout de même pour quelque chose dans cette histoire. Disons que j'avais une fois de plus voler, hier soir, les biscuits préférés de ma colocataire. Qui n'était autre que ma sœur d'ailleurs. Elle n'avait, mais alors pas du tout apprécié cet outrage. Et bien que sur le coup mon larcin m'avait bien fait rire, avec le recul, je me serais bien passé de la vengeance qu'il allait entraîner. J’avais été réveillé en fanfare, c'est le moins qu’on puisse dire. C’est fou le nombre de vidéos de trompette qu’un esprit malicieux et excentrique peut trouver sur internet. J’avais juste pu enfiler mes vêtements, que déjà cette chipie me mettait à la porte tout en me jetant au visage :  “– Avec des grands frères comme toi, pas besoin de Némésis ! Mes gâteaux sont sacrés !”  Le laçage de mes chaussures se fit donc sur le palier. J’aurais pu tout à fait rester dans mon immeuble en attendant d’avoir l’autorisation de rentrer dans l’appartement, le temps que ma sœur se calme un peu. Mais la lumière du hall était en panne depuis deux mois, rendant les lieux assez angoissants. Alors, j'ai préféré sortir.   Qu'allais-je bien pouvoir faire aujourd'hui ? Ça, c'était une bonne question ! J'avais la chance de ne pas devoir aller à la fac aujourd'hui, vive mon emploi du temps de master plus qu’allégé depuis la fin de mon stage. N’ayant pas particulièrement envie d’aller réviser à la bibliothèque, et n’ayant dans tous les cas pas mon matériel avec moi, j'avais initialement décidé d'aller me poser tranquillement dans un parc. Mais s'était sans compter sur les caprices de la météo. Le bruit de ma course se mit à résonner dans les rues. J'évitais plusieurs fois de glisser sur les pavés détrempés. Je devais impérativement trouver un lieu où m’abriter, sans quoi je tomberais assurément malade.   Finalement, au détour d'une rue, je découvris enfin une enseigne qui semblait allumé. Je n'eus même pas le temps de voir ce que s'était, mes vêtements étant déjà totalement détrempés. La porte claqua derrière moi, provoquant par là même un léger tintement. Un léger courant d’air me suivit au passage, me donnant davantage la chair de poule. Je commençais à m’avancer dans la pièce puis je m’arrêtai brusquement. Trempé comme j’étais, je préférai m’assurer rapidement que je n'allais pas tremper un quelconque parquet. Mais la chance semblait être avec moi, le sol était en vinyle beige. Je me trouvais visiblement dans une boutique d'antiquités, étant donné les nombreuses et massives armoires de bois, ou encore les présentoirs chargés de bibelots en tous genres. De-ci de-là des abat-jours ajoutés une lumière bienvenue dans ce lieu obstrué. Je m'avançais un peu plus loin dans ce labyrinthe, bizarrement curieux des mystères que je pourrais y trouver. "– Bonjour, veuillez m'excuser du retard, j'étais dans la remise. Bienvenue au Crocodile, que puis-je faire pour vous ?" C'était une voix féminine qui venait de m'interpeller, et qui, par là même, m'avait fait sursauter. Tout naturellement je me tournai vers l'origine du son, situé derrière un épais paravent aux allures asiatique. Un peu gêné de cette situation, je passais mécaniquement la main dans mes boucles brunes. "– Pas grand-chose en vérité, je suis vraiment désolé, mais je viens de rentrer totalement par hasard ici à cause de la pluie, mais je peux repartir si je vous dérange. – C'est vrai qu'ils avaient annoncé de l'orage hier. Ne vous en fait pas, je ne vois pas de problème à ce que vous restiez le temps que ça se calme. De toute manière ce n’est pas comme si je croulais sous les clients en ce moment, me répondit-elle en riant. » Je m'étais petit à petit avancé, dépassant l'obstacle qui m'obstruait jusque-là la vue. Face à moi se trouvait maintenant un comptoir au bois sombre, et sur lequel des gravures verdâtres représentaient un œil de reptile.   Juste derrière se trouvait mon interlocutrice. Celle-ci réagi immédiatement après m'avoir aperçu.  "– Ho, mais vous êtes trempé ! Attendez-moi ici deux minutes, je vais vous chercher de quoi vous sécher." Avant que je ne puisse répliquer quoique ce soit pour l’arrêter, la rassurer sur mon état, elle était déjà repassé au travers du rideau blanc situé derrière elle. Quand elle redescendit, elle portait sur l’épaule deux grosses serviettes et du bout des bras un gros plateau de thé. Celui-ci vacillait, et semblait être prêt à tomber à tout moment. "– Je me suis dit que ça te réchaufferait, et vu que je ne savais pas ce que tu préférerais j'ai ramené un peu de tout. Au fait, désolé de te tutoyer, si ça te dérange dis-le, me dit-elle en me tendant une tasse et du sucre. C'est juste que je viens de regarder la météo sur mon téléphone, et visiblement, tu vas être bloqué ici encore un petit moment. Donc je pense que ça sera plus simple le tutoiement. – Pas de problème avec ça, ni avec le thé d'ailleurs. Et le vouvoiement est assez ridicule à notre âge n'est-ce pas ? " Elle m'accorda ce point. Elle paraissait avoir, tout comme moi, un peu plus que la vingtaine. Je me permis donc de faire de l'humour, pour détendre l'atmosphère.  "– Sympa tes mugs. Un pingouin de Noël et une Edwige toute ronde. La reine d'Angleterre aurait de quoi être jalouse de ce magnifique service de porcelaine ! – Oui sans doute, fit-elle avant de sourire. Et encore, ne te plains pas, j'aurais pu ramener un chocolat chaud et des petits biscuits.  – Ça ne m'aurait pas plus dérangé que ça, je suis un grand gourmand. Mais ça me joue souvent des tours." Voyant son regard intrigué, je lui racontai plus en détail ma déconvenue matinale. Le reste de la conversation porta sur ma relation avec ma sœur, mes études et sur notre passion commune des sucreries.   Cette jeune femme était assez pétillante, et avait beaucoup de répartie. Je me suis rapidement sentie assez à l’aise pour parler de moi. Cela faisait certes partie de mon tempérament, mais j’avais perdu l’habitude de parler à d’autres personnes. J’avais récemment rejoint ma sœur dans cette ville afin de faire mes dernières années de formation. Mais depuis la rentrée, je n’avais pas vraiment eu l’occasion de nouer de nouvelles relations. Les groupes d’étudiants étaient déjà bien formés et peu adaptés aux nouveaux. Le temps continuait de s'écouler, la pluie tambourinant toujours sur la devanture, mais dans cet instant suspendu, c’était comme si l’on était de vieux amis, badinant autour de leurs tasses de thé. Néanmoins, la conversation avait quelque chose d’étrange. J’étais le seul à partager des anecdotes sur ma vie. Dès que je tentais d’en apprendre davantage sur elle, elle semblait esquivé le sujet. Au demeurant, ça n’a rien d’étonnant, après tout nous ne nous connaissions pas. Mais cela me paraissait assez mégalo de ne parler que de moi. Donc je décidai de tenter une autre approche :  “– Comment se fait-il qu’une jeune femme comme toi travaille dans un magasin d’antiquaire? Pas que je trouve ça mal, je te rassure, m’empressais-je de dire. Mais c’est juste, comment dire, surprenant, j'imagine. Notre génération ne s’intéresse pas à ce genre de domaine généralement.” Un silence s’installa quelques secondes. Avais-je été vexant? C’est bien mon style ça, maladroit comme je suis. J’avais sans doute ruiné mon premier début de relation en trois mois dans cette ville. Mais avant que je ne puisse continuer à divaguer dans mes pensées, elle commença à me répondre. “– En fait, c’était le magasin de mon oncle. Mais il est parti il y a quelques années, et j’étais la seule disponible pour reprendre le flambeau dans la famille. J’avais toujours été fascinée par cette boutique et ses mystères quand j’étais petite, donc je m’y suis volontiers consacré. Il y a ce je-ne-sais-quoi ici qui parait presque irréel.” Je ne pue que confirmer ce constat. Les lumières tamisées, les statuts d’anciennes divinités et les tableaux accrochés aux murs nous faisait comme voyager dans le temps. Là où en rentrant, je trouvais que l’espace était désordonnés, en regardant plus en détails, on se rendait compte que l’agencement était en fait bien pensé. Tout cela formé un décor très hétéroclite. Mais ce qui me perturbait le plus, je pense, c’était cette sorte d’énorme broche posait sur une étagère. Elle était dorée, en forme de crocodile, et ses yeux rouges comme des rubis semblait me fixer depuis que j’étais assis au comptoir. Un frisson me parcourut le dos en l’observant, mais cette fois-ci ce n’était pas dû à un courant d’air en provenance de la porte.   Car sur toute la matinée, aucun client ne rentra dans la boutique. Cela nous permit de continuer à discuter tranquillement. Lorsque enfin le temps se calma, plusieurs heures étaient passé sans que je m’en aperçoive. Ce ne fut pas le retour du soleil qui me décida à partir, mais plutôt un SMS de ma sœur qui exigeait que j’aille lui racheter ses précieux biscuits, sans quoi je passerais la nuit suivante dans le couloir de l’immeuble. Ce qu’il ne fallait pas faire pour maintenir la paix dans sa colocation ! J’enlevais donc les deux serviettes qui me maintenaient jusqu’à présent au chaud. Je les rendis à leur propriétaire, la remerciant chaleureusement pour son accueil et notre discussion. Puis je finis par sortir.   J’étais déjà à plusieurs rues du magasin quand j’entendis des bruits de pas précipiter derrière moi. Machinalement, je me retournai pour tomber sur la jeune antiquaire. Elle avait dû courir pour me rattraper, et s’appuyait maintenant sur ses genoux pour reprendre son souffle. “– Attends, me dit-elle toute essoufflée, avec tout ce qui s’est passé, tu ne m’as même pas dit ton nom. – Hey bien, je m’appelle Maxime. – Très bien, je suis contente d’avoir fait ta connaissance Maxime. Moi, c'est Lucie, au plaisir de te revoir prochainement au crocodile.” Et sans rien dire de plus, elle est repartie. Vraiment, quelle étrange rencontre. Mais je n’ai pas plus eu le temps d’y penser, car soudainement, une goutte me tomba sur le front. La pluie reprenait ! Si je ne voulais pas de nouveau finir trempé, j’allais devoir faire vite pour rejoindre la supérette située en face de son immeuble. Alors cette fois-ci, se fut moi qui me mis à courir.

Chapitre 1 :
L'œil du crocodile

de l'histoire
L'œil du crocodile
par Johatsu
Début Écriture Collaboratif

Une fois les ordres donnés à chaque représentant des divers corps armés, chacun s'en alla prendre son poste de commandement et donner les consignes aux radios, qui transmirent les messages sur ondes courtes à chaque chef de régiment. Cette invention du Grand Spécialiste, comme tant d'autres, avait permis un gain en temps et en précision dans la transmission des ordres et messages, ce qui s'avérait indiscutablement bénéfique dans la bonne gestion d'une bataille. Il semblait maintenant loin, le rudimentaire dispositif de drapeaux de différentes couleurs préalablement utilisé. La quantité de matière et d'énergie qu'avait demandé la mise en place et demandait le fonctionnement de ce dispositif était bien entendu considérable. Mais le Guide Suprême, pourtant avare dans l'utilisation de ces dernières, avait perçu dès le début l'avantage indéniable que cette technologie apporterait du point de vue militaire.   Globalement, la plupart des inventions du Grand Spécialiste et de ses techniciens avait apportée des avancées considérables pour le génie militaire. Mais cela allait bien plus loin, puisque certaines technologies pouvaient être utilisées à des fins civiles, pour assurer le bon fonctionnement et l'amélioration de la collecte de matière et d'énergie des cités et entités de la coalition.   La découverte du vaisseau du Grand Spécialiste, qu'il faisait appeler le « Laboratoire », avait été le fruit du hasard. Ce « laboratoire » était en effet bien caché : il était bien plus petit qu'un simple village flottant puisqu'il n’accueillait qu'un faible nombre de techniciens, malgré les grands hangars servant à la conception des inventions ; et il évoluait dans une zone considérée comme extrêmement dangereuse, avec sa forte densité de nuages sombres chargés d'électricité. Ses flux d'air turbulents constants et violents, tantôt horizontaux, tantôt verticaux. Et ses colonnes de matières et de gaz venant des Profondeurs insondables aux débits et positions imprévisibles et anarchiques.   A son retour dans la cité flottante azélanne, personne ne crut le marchand azélan qui avait réussi à apercevoir cette étrange tâche sombre dans cette zone connue comme impraticable. Heureusement cependant, le bouche-à-oreille et la rumeur coururent dans toute la coalition, et furent captés par un des agents des Oreilles qui s'empressa de faire remonter cette information à son patron. Lequel eut la bonne idée de la considérer comme intéressante et d'en faire part, dans un rapport, au Guide Suprême.   Celui-ci comprit qu'un objet, quel qu’il fut, évoluant dans une pareille zone, ne pouvait être ordinaire, et que sa capture devait être un objectif prioritaire. Il considéra que cette opération ne nécessitait pas de faire appel à d'autres membres de la coalition, et se contenta de monter une petite armada issue de sa cité flottante de Würm, centre névralgique de la coalition. La recherche de l'objet se révéla néanmoins plus ardue qu'escomptée : la durée qui s'écoula entre sa découverte par le marchand azélan et le lancement de l'expédition würmienne s'éleva à dix-sept longs cycles solaires, et le « Laboratoire » du Grand Spécialiste, du fait de sa propulsion entièrement mécanisée, s'avérait bien plus mobile et rapide que les classiques villages, villes, cités ou autre entités flottantes. Trois nouveaux longs cycles solaires furent nécessaires pour quadriller la zone de recherche, et enfin apercevoir l'objet tant convoité.   Du fait de sa position dans une zone dangereuse et de ses technologies militaires alors inconnues des Würmiens, la prise du « Laboratoire » provoqua la mort des trois-quarts de l'expédition assaillante, contre seulement un des techniciens du Grand Spécialiste. Le bonheur de l'assaillant fut que, le Grand Spécialiste et ses techniciens n'étant pas des soldats, ils se rendirent dès leur quartier général investit par les forces würmiennes. De plus, le Grand Spécialiste accepta sans hésitation la proposition de rejoindre la coalition, lui permettant de pouvoir bénéficier de sa protection et de son commerce interne florissant. Même la demande insistante du Guide Suprême de mettre à disposition de la coalition ses technologies, son savoir et ses futures recherches, qui devaient alors être principalement orientées dans le cadre du domaine militaire, ne souleva pas d'objection.   Dès lors, l'arsenal miliaire des forces de la coalition s'en trouva fortement amélioré. Et, point positif aux yeux du Guide Suprême, le Grand Spécialiste s'avérait être un membre fidèle, honnête et volontaire malgré son inclusion quelque peu forcée.     Le Guide Suprême rentra dans la salle d'observation de son dirigeable rigide de commandement, auquel il avait donné le nom de « Zeppelin », suivis par le chef spirituel. La salle circulaire, de grand diamètre, était entièrement entourée de vitres en biais vers l'extérieur. Elles pouvaient résister à des vents très turbulents et puissants, et à des geysers de matières et de gaz peu concentrés, et n'étaient pas conductrices d'électricité. L'ensemble des matériaux de l'appareil possédait les mêmes caractéristiques, ce qui lui permettait d'évoluer, pendant une courte période, dans des zones dangereuses telle que celle où le « Laboratoire » avait été aperçu initialement.   Le sacrifice en matière et énergie que sa conception avait nécessité avait été immense, et malgré le système autocratique éclairé de la coalition, le Guide Suprême avait dû faire jouer tout son pouvoir et sa vision pour l'imposer à une population hostile au coût pharaonique du projet. Mais son utilisation bienvenue dans des campagnes victorieuses de sécurisation de routes commerciales contre des pillages incessants de pirates de l'air fit basculer petit à petit l'opinion de la population. Et les prises de puissantes cité flottantes ennemies, ou même de capture du « Laboratoire », permit de finalement rentabiliser sa construction.   La salle d'observation était munie d'un rail circulaire situé un mètre en retrait des vitres, sur lequel glissait un chariot portant un système de longues-vues pivotantes et avec divers lentilles de grossissement. Tandis que le chef spirituel allait ouvrir une petite fenêtre et se plaçait en tailleur devant, pour sentir sur son visage le souffle du vent et son évolution, le Guide Suprême fit rouler le chariot de longues-vues pour le ramener dans la direction de la proue du dirigeable, et du front. De cette position, seul le nez beige du dirigeable cachait la partie supérieure de l'horizon. L'immensité insondable d'un néanmoins ridicule petit volume de Sterna, la planète géante gazeuse, s'offrait à la vue du Guide Suprême. De sombres nuages zébrés et épais délimitaient les Profondeurs insondables, de rapides nuages violacés et translucides courraient dans la zone vivable, et la couche aujourd'hui épaisse de nuages beiges et ocres cachaient le ciel et la double étoile.   Le Guide Suprême plongea son regard dans le système optique, et le régla de manière à apercevoir de manière nette les troupes ennemies. Une rangée de ballons individuels s’étendait sur une grande largeur, bien plus grande que ne l'était le front des forces de la coalition. Le Guide Suprême ne sut dire, même à peu près, combien de soldat cela représentait, mais le nombre de dix mille annoncé par le patron des Oreilles pouvait correspondre.   Au contraire du Grand Spécialiste dont il ne doutait aucunement, le Guide Suprême était moins enclin à accorder sa pleine et entière confiance au patron des Oreilles. Même si celui-ci et la plus grande part des membres de son service étaient d'origine würmienne et que, officiellement, il répondait entièrement aux ordres du Guide Suprême, le service des Oreilles s’enorgueillissait en cachette, ce qui n'avait cependant pas manqué d'arriver aux oreilles du Guide Suprême, de posséder une autonomie dans son mode fonctionnement et une opacité vis-à-vis du pouvoir dirigeant. De plus, des rumeurs de collusions avec certaines cités neutres, sûrement propagées par le service lui-même dans le but d'entretenir le doute et le flou quant à son dévouement entier à la cause du Guide Suprême, courraient abondamment dans toutes les villes, cités et entités de la coalition. Même si le patron des Oreilles jurait, à chaque fois que le Guide Suprême le questionnait à ce sujet, de sa fidélité pleine et entière à celui-ci et à la cause qu'il défendait. Néanmoins, sur le plan militaire, les éléments fournis par le service s'étaient généralement avérés fiables, et le Guide Suprême doutait plus du patron des Oreilles sur le plan intérieur, avec une volonté de le court-circuiter voire de vouloir prendre sa place, que sur le plan des opération militaires extérieures lorsqu'il s'agissait d'étendre la puissance et le pouvoir de la coalition.     Au centre de la ligne ennemie, légèrement en retrait des ballons individuels, le Guide Suprême remarqua la présence de trois vaisseaux de combats classiques, de formes profilées et finissant avec un éperon à l'avant, supportés chacun par un ballon non rigide, et ayant hissés les voiles avant pour compenser le vent qui leur était défavorable. Chacun devait accueillir un équipage d'environ cinq cent têtes, s’affairant à maintenir et commander le système de portance et de déplacement, à préparer les armes de jets et les grappins d'abordage, ou à simplement affûter ses armes de combat. Le Guide Suprême, qui était totalement confiant dans la supériorité de ses soldats au combat au corps à corps en cas d'abordage, espéra juste que les vaisseaux ennemis n'étaient pas muni d'un système d'autodestruction comme ceux de la coalition.   En balayant le système d'optique de droite à gauche, le Guide Suprême nota la présence de deux nouveaux vaisseaux de combat sur chaque flanc, ce qui portait le total de bâtiments ennemis à sept, contre seulement quatre du côté de la coalition. En revenant vers le centre des lignes ennemies, un mouvement en hauteur attira son attention. Patientant quelques secondes, il vit sortir d'un nuage beige, d'un lent mouvement, un grand dirigeable, qu'il estima être le bâtiment de commandement ennemi. Après une inspection minutieuse, il estima que ce dirigeable devait être légèrement plus petit que le « Zepellin », que la structure de son ballon était, comme le « Zeppelin », rigide, mais qu'il ne semblait pas être conçu pour manœuvrer dans des zones dangereuses.   Cela devait s'expliquer du fait de la zone atmosphérique plutôt tranquille de Sterna dans laquelle évoluait la grande cité flottante d'Italaxla, dont le haut sommet se découvrait maintenant lentement derrière le dirigeable de commandement ennemi alors que le gros nuage beige d'où ce dernier s'était extrait continuait paresseusement son chemin. Italaxla, la grande cité des oiseliers, prochaine cible de l'appétit insatiable du Guide Suprême et de sa coalition. Italaxla, dont la seule partie visible, ce petit sommet, était totalement verte, laissant présager une la présence d'une quantité incommensurable de matière, dont des végétaux, comparée aux villages, villes, cités et entités de la coalition. Mais Italaxla se retrouvait dans l'obligation de mener bataille. En effet, sa principale source de matière et d'énergie, une de ces étranges colonnes ascendantes de matières et de gaz venants des Profondeurs insondables de Sterna et remontant jusqu'aux couches supérieures de l'atmosphère, avant de retomber de manière éparse pour la matière solide, venait d'être annexée par les forces de la coalition. Cela coupait la cité de ressources indispensables à son bon fonctionnement, et menaçait grandement sa pérennité à court terme en cas de siège. De plus, la source étant largeur et continue, le Guide Suprême s'était empressé de la faire exploiter, à l'aide de filets et de ballons de captures et stockages créés il y a peu par le Grand Spécialiste, pour les besoins de son armée, ôtant par la une source de revenus futurs pour la cité.   Italaxla était en effet une grande cité marchande, prospère et pacifique, que la plus grande part des cités indépendantes, états, empires ou autres structures sociétales de cette partie-ci de Sterna, respectait. Et craignait malgré tout. En effet, en dépit d'une politique pacifique, la cité s'était taillée une réputation de citadelle imprenable grâce au domptage d'animaux volants suffisamment grands et dociles pour être chevauchés et guidés par un italaxlan, et suffisamment rapides et agiles pour échapper aux traits et aux soldats ennemis utilisant des ballons de flottaison. Ces animaux faisaient les beaux jours et la gloire de la cité, et le Guide Suprême savait, de part son service des Oreilles, qu'ils étaient élevés et éduqués dans un village flottant et mouvant secret situé dans la région d'Italaxla. Les forces de la coalition n'avaient malheureusement pas réussi à le retrouver pour l'annexer, et ainsi imposer un siège plus efficace de la cité cible. Néanmoins, le Guide Suprême sentait que la mise au point récente et concluante, du côté de la coalition, des autogires propulsés par un système de pédalier utilisable par les deux membres d'équipage pour se relayer en cas de fatigue, permettrait aux forces de support de la coalition de rivaliser avec les forces de support italaxlannes. Sur dix prototypes, ce système avait même été amélioré par le Grand Spécialiste avec le remplacement du système de propulsion par pédalier par un système de propulsion utilisant la rotation d'une machine, appelée « moteur », qui utilisait la combustion d'un gaz pour fonctionner. Ces nouvelles inventions avaient amené le Guide Suprême à enfin déclarer une guerre qui larvait depuis de longs cycles, et causaient le champ de bataille qui s'étendait sous ses yeux.     Un petit nuage apparut subrepticement à la proue du vaisseau central ennemi, avant de disparaître aussi vite qu'il était apparu. Le Guide Suprême, l’œil alerte, remarqua le projectile noir qui fusait dans l'air, tremblotant. Le vent était en effet contre lui, le ralentissant et le déviant de sa trajectoire. Arrivé à une distance trop éloignée des premier ballons individuels de la coalition, le projectile explosa, envoyant des bouts plus petits tout autour de lui. Un coup manqué. Le Guide Suprême sourit en reconnaissant là un obus à billes, un projectile très puissant et efficace, mais nécessitant une quantité de matière importante. Ce qui en disait long sur les ressources italaxlanne. Ou sur leur inconscience.   Les forces de la coalition avançaient lentement, malgré le vent dans le dos ; seul un petit groupe de ballons individuels flottait plus en avant au centre de la ligne de front. De leur côté, les troupes italaxlannes avançaient également lentement, devant s'aider de moyens de propulsion physiques ou mécaniques pour faire face au vent contraire.   Un nouveau projectile partit d'un autre vaisseau du centre des troupes italaxlannes, en direction des ballons individuels avancés des troupes de la coalition. Comme précédemment, c'était un obus à billes et, comme le précédent, il explosa bien trop tôt. Le troisième vaisseau tira à son tour. Cette fois-ci, l'obus avança au milieu des ballons individuels avant d'exploser. Les billes éclatèrent dans toutes les directions, certaines percutant des ballons individuels. Sur les quinze ballons touchés, treize se percèrent et commencèrent leur lente descente inextricable vers les Profondeurs insondables.   Le Guide Suprême eut un sourire amer. Bien entendu, il savait que ces cinq cents ballons individuels portés en avant étaient des leurres sans soldats, envoyés pour tester et tenter de déterminer le type d'armement de l'ennemi. Mais il n'en demeurait pas moins qu'il venait d'une cité flottante de seconde zone, évoluant dans une partie de Sterna avec une grande quantité de zones dangereuses inexploitables et bien trop peu de colonnes de matière et d'énergie. Il était donc très alerte sur les questions de gestion et d'utilisation de l'ensemble des ressources disponibles, et ces treize ballons chutant vers les Profondeurs insondables représentait pour lui un gâchis sans nom. Il se reprit néanmoins vite, sachant que cette bataille serait de toute façon le théâtre d'un immense gâchis sans nom. Parce que les dirigeant d'Italaxla n'avaient voulu se soumettre, et avaient eu la stupide idée de refuser de perdre leur souveraineté et de rentrer dans le giron de la coalition et de l'autorité du Guide Suprême.   Comme ce dernier s'en doutait, et l'avait anticipé malgré les ordres donnés, ces premières « pertes » furent le signal que les forces Zulandaises attendaient pour lancer les hostilités.   Le chef spirituel, qui se trouvait toujours assis en tailleur, le buste droit, les narines dilatées, les deux mains posées paume vers le haut sur les genoux, l'index relié au pouce, ouvrit lentement les yeux : -Guide Suprême, je sens des fluctuations dans la trame du vent et des événements. Quelque chose ne se passe pas comme vous l'aviez ordonné. Le... Il s'arrêta quelques seconde, humant l'air, puis reprit : -Les Zulandais décollent. Ils partent au combat. Ils veulent venger les premières pertes de notre côté. -Zéphyr, tes dons m'impressionneront toujours. Néanmoins, je ne le sais que trop bien, et je l'avais de toute façon prévu ainsi. Mes ordres « officiels » les concernant n'avaient pour but que d’attiser leur mécontentement, et par là leur sauvagerie latente. Je vais maintenant donner mes vrais ordres aux restant des corps armés. Reste ici pour constater l'évolution du combat, du vent, et des événement. J'ai foi en toi. -Votre confiance en moi m’honore, Guide Suprême.     En quittant la pièce, le Guide Suprême se fit la réflexion que les Zulandais étaient une race vraiment particulière.   Dans leur statut social tout d'abord. Contrairement à la plupart des race intelligentes de Sterna connues des Wûrmiens, les Zulandais ne se répartissaient pas selon l'habituel dualité mâle/femelle. Les Zulandais se répartissait selon un principe de fonctionnalité.   Il y avait tout d'abord la Reine et ses trois Rois. La Reine et les Rois n'étaient pas des individus à proprement parler, mais des ensembles complexes de méta-individus, autrement appelé entités. La Reine Zulandaise avait une taille deux fois supérieure à la cité flottante de Würm. Elle abritait en son sein l'ensemble des œufs Zulandais, des réserves de nourriture pour elle, ses œufs et ses enfants - l'ensemble de la race des Zulandais hors les Rois – et servait également de cité pour l'ensemble de ses enfants, avec dortoirs, couloirs, salle de restauration et tout les éléments nécessaire à la vie de la race Zulandaise. Les Rois avaient une taille environ quatre fois moindre que la Reine. Tout comme elle, ils pouvait accueillir en leur sein une colonie de leur enfants. Un Roi était d'ailleurs présent sur le champ de bataille, servant de vaisseau de transport aux troupes Zulandaises présentes sur le champ de bataille. La Reine et les Rois flottaient grâce à l'ensemble des gaz issues de la dégradation de la nourriture de l’ensemble de l'espèce, ces gaz, plus léger que l'air, étant piégé par la carapace étanche protégeant le dessus de la Reine et des Rois. Si le principe de flottaison était commun à la plus grande partie des espèces connues peuplant Sterna, les Zulandais devaient être les seuls à utiliser leur propre gaz pour cela.   En dehors de la Reine et des Rois, le reste de l'espèce Zulandaise était composée de soldat et d'ouvrier. Bipèdes, comme la plupart des races intelligentes de Sterna connues des Wûrmiens, ceux-là ressemblaient néanmoins à un petit insecte rampant peuplant Wûrm et nommé « scarab ». Comme l'insecte, ils possédaient une forme ovoïde, avec une grande carapace bombée vert sombre dans le dos, d'une dureté impressionnante, venant protéger un dos blanc laiteux mou et une paire d'ailes transparentes et fragiles qui leur permettait de se mouvoir, malheureusement lentement, dans les airs. Ce qui restait néanmoins un avantage hors du commun. Leur partie ventrale, moins résistante, restait néanmoins difficile à percer. Leur visage se trouvait sur la partie ventrale, à environ quatre-cinquième de la hauteur de leur « ventre ». Ils possédaient une bouche avec des dents également très dures de forme triangulaire espacées de telles sorte de les dents des mâchoires supérieures et inférieures se trouvaient sur une seule ligne quand ils fermaient la bouche. Leurs mâchoires avaient tendance à se fermer à chaque fois qu'ils communiquaient, accompagnant leurs mots et phrases de claquements particuliers. Deux petites pinces sortaient de part-et-d'autre de leur bouche, leur permettant de tenir un aliment pendant que leurs dents le hachait menu. Deux petits yeux noirs et globuleux se trouvaient juste au dessus de la bouche.   Leurs jambes ressemblaient aux pattes du « scarab », mais plus puissamment bâties du fait de la nécessité de porter la totalité de leur poids. En contre partie, leur deux paires de bras, à la moitié du corps et au niveau de leur face, étaient vraiment très fins. La différenciation entre les ouvrier et les soldats se faisait ici : les ouvrier possédaient des bras lisses terminés d'une multitude de petits crochets duveteux leur permettant d’accrocher des objets et d'effectuer quelques actions basiques sur les parois intérieurs de la Reine et des Rois sans les blesser ; a contrario, les soldats possédaient un ensemble de pointes acérées tout le long des bras pour blesser ou s'accrocher à des partie molles, et l'extrémité de leurs bras était munie d'une griffe très tranchante très efficaces au corps-à-corps, ce qui était de toute façon leur seul moyen de combat. Si le rôle des ouvriers était de s'occuper de l'intérieur et des besoins de la Reine et des Rois, les soldats avaient pour vocation de protéger l'ensemble, et de ramener la nourriture.   Malgré ce mode de fonctionnement très coordonné, collectif et spécialisé qui leur avait permis de perdurer dans le temps, le Guide Suprême se fit la réflexion que l'espèce, les soldats surtout, était quand même bien individualiste, irréfléchie, confuse et sauvage lorsque sonnait l'heure de la bataille.   Rendu devant un émetteur radio, il attrapa le microphone pour enfin donner ses vrais ordres : « Nobles et valeureux soldats Würmiens, Zulandais, Azélans ; ingénieux et intrépides techniciens du Grand Spécialiste, ici le Guide Suprême qui vous parle... »

Chapitre 2 :
Italaxla

de l'histoire
Que la bataille commence
par Wargen

Trente-huit degrés à l'ombre,ils le vivaient en été, les voilà en hiver.Les glaces ont bientôt fini de fondre,les arbres et les villes ont cédé au désert. Du sable, partout du sable brûlant,il ne me reste que peu d’eau à transpirer,à travers mes lèvres fendues en sanget les plaies par la chaleur laissées. À quelques jours de poussière,l’eau salée et polluée de la mer,ne peut plus rien désaltérer,ni m’offrir de substance à manger. Depuis cinq printemps je n’ai prononcé une parole,Si les propos ne le font, l’eau s’envole.Les mots ont-ils encore un sens,Quand il n’y a plus d’âme pour les accueillir que le silence ? Fruit du hasard, quelque part un vaisseau se brise,une flaque rouge se répand sur ma matière grise,mon corps refuse le prochain pas,engourdi comme un agréable souvenir du froid. Ce sera bientôt fini,un rêve par le soleil évanoui,alors qu’il incarnait nos espoirs,c’est ce dieu adoré qui nous plongea dans le noir. S’il reste quelques bactéries ou charognards, dans le coin,profitez, appréciez, délectez-vous de cette chair,de ce sang, cette fois sera la dernière,que vos papilles goûtent de l’humain. Si la vie éclot de nouveau un jour ici-bas,soyez plus forts, plus malins que nous.Que vos rêves ne suivent pas nos pas,ne creusez pas comme nous votre propre trou. Passé depuis des jours, l'envie de vous en vouloir,de mon dernier souffle, je vous destine ce miroir,ne pleurez pas sur mon sort,depuis ma naissance, je suis déjà mort. 

Chapitre 3 :
12 Juin

de l'histoire
10 Juin
par R.Th
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