Bienvenue dans The Root Book, par information.the.root.book

Bienvenue sur The Root Book Cher·e utilisateur·rice, vous voici sur The Root Book, notre plateforme dédiée à l'écriture collaborative. Ce lieu est con&ccedi…




Chapitre 1: La femme, par Laurent

Le ciel était noir, la lune ne pouvant percer à travers l’énorme masse de nuages d’orage.

De temps en temps, un éclair déchirait le ciel de sa violence, et venait projeter sa sombre lumière sur les torrents d’eau qui venaient rendre la route dangereuse.

À cette heure nocturne, le trafic était déjà faible en temps normal, mais avec une pareille météo, il était inexistant. Mes phares peinaient à me montrer la voie.


 

Dans la cabine, la radio crachait de la musique à laquelle je ne prêtais même pas vraiment attention, un sac de nourriture de fast-food acheté quelques heures auparavant trônait sur le siège à ma droite, de même que quelques babioles.


 

Alors que mon esprit divaguait, un nouvel éclair frappa, et dans les ténèbres désormais illuminés se dessina une silhouette plus loin sur la route. Par réflexe, je pilonnai la pédale de frein, avant que les trente-six tonnes de mon camion ne finissent par s’arrêter quelques long mètres plus loin.

Mon cœur battait la chamade, tant par la surprise que par l’idée de n’avoir pas pu éviter la silhouette.


 

Après quelques secondes, nécessaire pour reprendre mon calme, je me rendais compte que rien ne se trouvait dans le faisceau de mes phares, autre que le bitume, et la pluie.

Avais-je rêvé ? Avais-je heurté la chose sur la route ? Je n’en avais aucune idée.

Rester sur la route, avec cette absence de visibilité, était trop dangereux, aussi allumais-je mes feux de détresse, et me rangeais tant que possible sur le bas-côté.

Je me saisis d’un parapluie, et descendais sur la route.

La pluie était telle que mon parapluie était sur le point de se rompre, mais il fallait que je m’assure que tout allait bien.

Cependant, je du remonter prendre une lampe torche, avant de ressortir.

Comme pour mes phares, le faisceau de la lampe ne portait presque pas.

Mais alors que je m’apprêtais à remonter dans mon camion, supposant que la silhouette n’était rien de plus qu’un mirage, un cri inhumain déchira le bruit déjà assourdissant des trombes d’eau s’écrasant au sol.

Je me retournai, horrifié, pour voir une femme nue, tremblante, les yeux implorant.


 

— Ne m’abandonnez pas…


 

Ses paroles me parvinrent à peine, puis je la vis s’effondrer au sol.

Je me précipitai sur elle, la fit monter dans le camion, ne pouvant me protéger de la pluie, et me rendant compte qu’elle était glaciale.

Une fois à l’intérieur, je couvris la femme le plus possible et alluma le chauffage à fond afin de nous réchauffer l’un et l’autre.


 

Elle était rousse, les cheveux long, mince, et je la trouvais belle.

Mais surtout, elle était couverte de bleus, et de coupures superficielles.

Son annulaire gauche montrait la trace d’une ancienne bague, me laissant me demander si cette dernière lui avait été volée.

J’avais, bien sûr, des tas de questions à lui poser, mais il allait falloir attendre qu’elle reprenne connaissance.