Concours de Nouvelles : Rêve, par information.the.root.book

🌠 Plongez dans le "Rêve" : 2ème Édition de Notre Concours de Nouvelles CollaborativesChers membres de The Root Book,Suite au succès retentissant de notre première &e…




Chapitre 1: Les cendres, par saule

          Rouge, gris. Poussière chaude dans ses poumons. Estelle en ramassa une poignée au sol, traînées grises sur ses mains. Cendres.


          Une silhouette là-bas. Maman. Estelle courut vers elle.


—  Maman !


Maman la regarda venir, immobile.


—  Maman !


Plus que quelques pas… Estelle se figea. Les cheveux de Maman tombaient un à un dans la poussière. Ses vêtements perdaient leurs couleurs, ils se changeaient en paillettes grises qui se délitaient à ses pieds. Sa peau, grise. Poussière sur son front et son crâne nu, ses épaules, ses mains, ses hanches, ses seins. Maman n’avait plus de nez, plus de joues, son ventre laissait voir des boyaux gris qui se délitaient à leur tour. Plus qu’un squelette maintenant, des os blancs qui déjà viraient au gris. Les dents tombèrent en premières, les mains, les jambes s’affaissèrent tandis que le crâne s’envolait en poussière.


Plus rien. Maman. Plus rien. Maman… Estelle tomba à genoux, les deux mains dans la cendre. Elle regarda autour d’elle et les vit, frère, oncles, tantes, père, cousins, amis… Non… ! Estelle se leva en titubant. Là-bas, sa sœur était recroquevillée sur le sol, un jeune homme tremblant à côté d’elle. Au-dessus d’eux, dans le ciel sombre, Mamie écartait les bras pour les protéger.


Estelle s’agenouilla face au jeune homme – le fils de sa sœur, elle en était certaine. Elle prit son visage entre ses mains et fixa ses yeux effarés.


—  N’aie pas peur, murmura-t-elle d’une voix grave et profonde d’adulte. N’aie pas peur. C’est la peur qui consume.


Estelle s’éveilla en sursaut, trempée de sueur. Dans l’autre lit, sa grande sœur dormait. Son bras maigre d’adolescente pendait hors de la couverture. Elle dormait ou… La fillette s’approcha et passa la main au-dessus de sa bouche. Elle respirait. Ses cheveux blonds formaient une corolle, on aurait dit Mamie sur son lit de mort…


Estelle regagna son lit en courant et s’enroula dans sa couverture. Elle avait froid… Elle plaqua sa main sur son front. Pas de fièvre, pourtant.


Mamie, les bras écartés pour les protéger. Trois mois que Mamie était morte et Maman disait qu’elle veillait sur eux depuis le ciel, peut-être que c’était vrai après tout… Estelle frissonna et secoua la tête pour chasser l’image de Maman qui tombait en poussière… ne pas y penser.


Mamie avait des pouvoirs quand elle était vivante, elle coupait le feu et lisait l’avenir dans les cartes de tarot, et ses prédictions se réalisaient toujours. Maman disait que ça l’avait détruite, toutes ces mauvaises nouvelles à annoncer et que c’était pour ça qu’elle, les cartes, elle n’y touchait pas. La veille de la mort de Mamie, après que tous ses enfants étaient repartis chez eux, elle avait gardé sa plus jeune fille avec elle et avait dit à Maman : « Toi, tu as mon don. » Estelle n’était pas censée entendre mais elle avait entendu quand même, à travers la porte close. Après, ils étaient allés se coucher et, le lendemain, Mamie était morte. Elle n’avait pas voulu qu’ils restent pour la nuit.


Maman disait que si Mamie apparaissait dans un rêve, c’était que ce rêve voulait dire quelque chose. Alors peut-être que… Estelle se força à respirer. Si quelqu’un pouvait lui dire ce que signifiait son rêve, c’était bien Maman.





Chapitre 2: L'Étoile, par Lyn

D’abord Estelle attendit, une minute après l’autre, pétrifiée et aux aguets, attentive au moindre changement dans la respiration de son aînée, au moindre froissement de draps. « Si Mamie apparaît dans un rêve, ce n’est pas anodin » avait dit Maman. Ce à quoi Estelle avait demandé ce que « anodin » voulait dire. Maman avait répondu « si ce n’est pas anodin, c’est que ce n’est pas le hasard, ça veut dire quelque chose ». Dans le rêve, Aurore avait peur, mais elle était bien là, entière, vivante, protégée par Mamie. Dans le rêve, Aurore était une maman. Alors Aurore irait bien jusque-là. Elle irait bien et ne serait pas emportée par la Nuit comme Mamie.

Estelle avait beau attendre, le sommeil ne revenait pas. Pire encore, même éveillée, Maman s’effritait. Ça ne se passait plus devant ses yeux, mais derrière, dans sa tête. Il était alors impossible de chasser cette image.

Alors elle frissonnait.

Alors son cœur battait vite.

Alors elle avait chaud.

Ne tenant plus, la fillette quitta à nouveau la chaleur moite de ses draps pour se lover, les yeux gorgés de larmes, entre les occupants de la pièce d’à côté. Elle n’avait plus l’âge de réveiller ses parents dans la nuit, mais Maman n’avait pourtant pas l’air surprise en la voyant arriver.

Ça lui était arrivé si souvent.

Ainsi, cette nuit comme toutes les autres, Estelle attendit encore, dans un sommeil relatif, que l’aube se lève, mais dans les bras de Maman.

Aussi la suivit-elle aussitôt qu’elle se leva, tandis que l’aurore dessinait tout juste les contours de la chambre.

Seule à seule dans la cuisine avec sa mère, Estelle insista pour raconter ce qu’elle avait vu et Maman se figea lorsqu’elle mentionna la présence de Mamie.

— Et à la fin tout le monde mourait, répétait-elle. Toi et tout le monde. Il restait plus que moi et Aurore. Aurore qui était maman et qui avait un garçon. Il y avait que nous, tu fondais. Tu fondais en cendre et les autres aussi et…

— Mais tout va bien ce…

— Non, t’as dit que quand Mamie y est c’est pas « anodin », que ça voulait dire quelque chose !

— Ce n’était qu’un mauvais rêve…

— Vous serez plus là, personne ! Et toi aussi ! On va être toutes seules !

Cette évidence la percuta avec la violence d’un coup de tonnerre et l’orage suivit ; elle éclata en sanglots. Maman s’agenouilla pour la prendre dans ses bras tandis qu’Estelle balbutiait, entre deux hoquets compulsifs, « Les cartes, les cartes », « Mami dit que tu peux », « Veux pas être toute seule », « Pars pas », « Les cartes… ».

Maman était comme Mamie. Maman avait des pouvoirs. Il ne s’agissait pas de faire comme Mamie qui s’exposait au destin d’inconnus sans être préparée à ce qu’elle pourrait voir. Ici, la fin, Estelle la connaissait et Maman, avec les cartes, pourrait comprendre comment leur famille en arriverait là et l’empêcher.

— D’accord, fit Maman dans un souffle chargé. Estelle, Estelle, ma puce, hé, regarde-moi.

La fillette toisa Maman le regard bouffi, la morve au nez.

— Aujourd’hui, on va tirer une carte. Et tu verras qu’il ne va rien se passer de mal.

Quand bien même il ne devait rien se passer de mal aujourd’hui, parce qu’Aurore n’était pas encore maman, Estelle mit ses pas dans ceux de sa mère lorsque celle-ci s’en alla chercher le paquet de cartes de tarot légué par Mamie.

— Estelle. Tu sais ce que j’ai dit. Les cartes il ne faut pas y toucher. Ce sera juste une fois aujourd’hui. Une pour toi, une pour Aurore, une pour Célestin, une pour Papa et une pour moi. Une chacun. On va d’abord tirer ta carte, tu veux bien ?

Estelle hocha la tête, concentrée sur les mains de Maman qui manipulaient les cartes.

— Je ne sais plus exactement comment elle faisait mais… on va dire que c’est la tienne.

« L’Étoile ».

Estelle se pencha sur la carte extraite du paquet. Il y avait une dame sans vêtement, assise au bord de l’eau avec un pied immergé. Avec sa main droite, elle versait de l’eau sur la terre avec une cruche. De sa main gauche elle remplissait une seconde cruche. Derrière elle, il y avait deux arbres, un oiseau posé sur l’un d’eux, et un ciel constellé d’étoiles. Estelle compta sept petites étoiles et une grosse au centre, que des étoiles à huit branches.

La fillette leva son nez rougi vers Maman, en attente d’explication.

— L’Étoile, si mes souvenirs sont bons, est un symbole d’espoir.

— C’est quoi ?

— Un peu comme un souhait. Avoir de l’espoir, c’est avoir des raisons de croire que des bonnes choses vont arriver.

Maman avait un sourire dans sa voix.

— Mais pourquoi elle s’appelle « l’Étoile » alors qu’il y a aussi une dame ? insista Estelle. Ça veut dire quoi ?

— Oh, tu sais, il n’y a pas de sens absolu aux cartes de tarot, chacun y voit ce qu’il sent.

— Et toi ? Tu vois quoi, toi ?

Maman ouvrit la bouche, puis la referma.

— Eh bien… je dirais qu’elle est en harmonie avec la nature. Elle puise et répartit l’eau… Elle est en contact à la fois avec la terre et avec l’eau... Comme connectée ? Elle comprend les choses… symbole d’instinct ? De l’intuition ?

— C’est quoi ?

— Avoir de l’intuition, c’est quand ce n’est pas ta tête qui sait des choses, mais ton cœur.




Chapitre 3: Le murmure de la cendre, par LéaLune

La journée s’étira comme un rêve dont on ne parvient pas à sortir. Estelle gardait la carte de l’Étoile à portée de main, ses doigts effleurant sans cesse ses bords usés, comme pour s’ancrer à quelque chose de tangible. Pourtant, chaque regard posé sur la femme de la carte lui laissait un goût amer d’inquiétude. Derrière cette image d’espoir, elle sentait une ombre grandir, discrète mais implacable.

La nuit tomba doucement, enrobant la maison dans un silence épais, trop dense. Estelle s’agita dans son lit, le sommeil fuyant. Les paroles de Maman résonnaient en elle : « Rien de mal ne va arriver. » Mais ce mensonge doux-amer ne suffisait plus à masquer la peur qui coulait sous sa peau. Elle sentait encore la brûlure de la cendre sur ses doigts, l’écho du rêve dans chaque battement de son cœur.

Quand elle ferma enfin les yeux, le rêve la reprit, aussi naturellement qu’une vague engloutit le sable. Elle se trouvait dans un champ, immense et sans fin, avec un ciel autrefois éclatant, désormais percé de trous noirs. Les étoiles, une à une, s’éteignaient, glissant dans l’oubli comme si elles n’avaient jamais existé. Chaque scintillement mourant amplifiait la solitude d’Estelle. Leur absence était un froid mordant.

Au loin, une silhouette. Aurore. Ses cheveux dansaient au vent, et elle marchait, toujours plus loin, comme guidée par une force invisible. Estelle voulut l’appeler, mais sa gorge était nouée, incapable d’émettre le moindre son. Ses jambes se mirent en mouvement, mais chaque pas s’enfonçait un peu plus dans le sol, devenu cendre. Les particules grises l’engloutissaient lentement, comme un marécage qui ne laissait aucune chance de fuite.

Alors, une voix. Si douce, si lointaine : « La cendre est inévitable, mais tu as encore le choix… »

La voix de Mamie. Elle résonnait en elle comme un souvenir ancien, gravé au plus profond de sa mémoire. Estelle tourna sur elle-même, cherchant Mamie dans cette immensité dévorée par l’obscurité, mais elle était seule. Totalement seule. La cendre, elle, continuait de tomber, froide et légère, s’insinuant dans sa peau, comme si elle cherchait à la consommer, doucement, patiemment.

« Tout est déjà écrit… mais tu peux encore changer ton chemin… »

Le murmure s’intensifiait, envahissant ses pensées comme une promesse brisée. Des larmes brûlantes glissèrent le long de ses joues. Estelle fixait toujours Aurore, qui, imperturbable, disparaissait peu à peu dans le néant. Elle voulut crier son nom, mais le sol s’affaissa brusquement sous elle. Ses jambes disparurent dans la cendre mouvante, la cendre qui ne voulait qu’une chose : l’engloutir.

Et alors, tout cessa. Aurore, le ciel, les étoiles. Le silence. La poussière.

Estelle ouvrit les yeux, suffocante. Le monde était revenu à sa normalité oppressante, cette pièce trop sombre, trop vide. La carte de l’Étoile luisait faiblement sur la table de nuit. Elle se leva et le froid sous ses pieds nus, brutal, lui rappela qu’elle était toujours là.

Elle descendit, en silence, jusqu’à la cuisine. Maman était déjà là. Elle ne dormait jamais bien ces derniers temps. Elle était assise à la table, les cartes de tarot éparpillées devant elle, elle avait cherché des réponses toute la nuit. Le regard qu’elle leva vers Estelle n’était pas celui d’une mère sereine. Il était rempli d’une tristesse infinie, une tristesse qu’elle ne cherchait plus à dissimuler.

Estelle s’approcha, le cœur serré. Elle ouvrit la bouche mais le son resta bloqué, et si elle brisait quelque chose, quelque chose d’irréparable :

« Qu’est-ce qu’on fait, Maman ? » murmura-t-elle, la voix enrouée.

Maman ne répondit pas. Elle tenait une carte entre ses doigts tremblants. La Tour. Le symbole de l’effondrement. De la chute.

Le silence entre elles devint une vérité brutale, plus lourde que toutes les cartes retournées sur la table. Estelle savait alors, d’un savoir viscéral, que rien ne pouvait être changé. Que tout était déjà gravé quelque part, dans un coin sombre du monde. La cendre, le silence, l’inévitable.

Elle s’assit près de sa mère, son regard fixé sur les cartes qui ne lui disaient plus rien. Au fond, elles n’avaient jamais vraiment eu de réponses à offrir.

Les étoiles de son rêve continuaient de s’éteindre, et elle se demanda combien de temps il lui restait avant que la dernière lumière ne disparaisse.




Chapitre 4: Madeleine, par Mello

— AAAAAAAAAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHHHHHH !!!!!!!!

Sous la coupole rose pailletée d’or, un long hurlement résonna. Les parois des métaux précieux semblèrent trembler sous l’écho, les planètes de pierres fines oscillèrent sur leur support. Le cri portait en lui tant de terreur que tous s’étaient figés. Interdits. Désemparés. Des regards se cherchèrent, des oreilles se tendirent.

La manifestation de toute cette angoisse s’arrêta aussi brutalement qu’elle avait commencé, mais les lieux demeurèrent immobiles durant de longues secondes encore. Bientôt, les respirations reprirent. Heurtées. Hésitantes. Un choc léger retentit dans le lunarium, et une silhouette encapée en sortit à vive allure avant de se précipiter dans un couloir, puis de revenir sur ses pas. De retour dans le lunarium, l’homme d’âge mûr fixa tour à tour tous les corridors qui partaient de la pièce pour s’abîmer dans toutes les directions. Sa main se porta à sa tête qu’il gratta dans un geste trahissant sa totale perplexité.

— C’est Madeleine qui a hurlé comme ça ?

Assise en tailleur dans un canapé vert clair, une jeune femme occupée à mélanger de l’eau et du vin dans un mug lui jeta un rapide coup d’œil, avant de reporter toute son attention sur son breuvage afin qu’il ne débordât pas.

— On dirait oui. Heureusement qu’on s’était tous mis d’accord sur la notion de calme et de respect des autres il y a cinq jours, sinon qu’est-ce que ça aurait donné ?

— Ton empathie est réellement touchante, Diane, ça fait du bien de voir combien tu te soucies des autres, puisque tu parles d’eux.

Les sourcils de la jeune femme se froncèrent. Elle cessa de verser des liquides dans son mug et reposa les bouteilles qu’elle avait dans les mains, claquant celle d’eau sur la table avant de déposer très doucement celle de vin.

— Je n’ai pas dit que je n’étais pas sensible aux soucis de Madeleine, juste qu’elle pouvait les exprimer plus calmement afin de ne troubler personne.

Un soupir ostensiblement fort se fit alors entendre derrière elle, et un homme attrapa la main du vieillard pour l’entraîner à sa suite sans perdre de temps.

— Perds pas ton temps avec la frigide, allons plutôt voir Mady !

Aussitôt, ils forcèrent le pas jusqu’à trotter comme deux soldats prêts au combat. Au grès des tournants et des chambranles de porte, ils récupèrent d’autres personnes avec eux, et ce fut bientôt une curieuse assemblée qui déboula dans la chambre de Madeleine.

Échevelée et tremblante, sa nudité a peine dissimulée par un drap, la blonde pleurait à grosses larmes sur l’épaule de celle qu’elle avait toujours considérée comme sa mère de cœur. Assise près d’elle sur le lit, Luna berçait sa consœur avec tendresse, caressant sa crinière humide de transpiration tout en lui murmurant des mots rassurants à l’oreille. D’un geste, elle désigna un coffret de bois qui reposait sur une table située juste sous la fenêtre, et le jeune homme qui s’en trouvait le plus près l’attrapa dans ses mains avant de jeter des regards interrogatifs en direction des autres. Muet de naissance, il n’avait d’autre choix que de communiquer par ses mimiques ou ses mouvements, mais tous lui répondirent d’un haussement d’épaules.

Non, personne ne savait ce qui se passait. Personne ne comprenait cette injonction non plus.

— Prends cette boîte et emmène-la dans le couloir, j’arrive tout de suite. Merci Mat.

Sa précision s’était accompagnée d’un sourire, puis elle déposa un baiser tendre sur la joue de la pauvre Madeleine. Ainsi protégée dans l’étreinte maternelle, la jeune femme se calmait lentement mais sûrement. Sa respiration redevenait régulière. Ses larmes se tarissaient.

— Ma chérie, je sors quelques instants pour m’occuper de régler le problème. Mais ne t’inquiète pas, je suis juste à côté et je reviens dans quelques minutes. Ça marche ?

Le visage trempé, la demoiselle hocha la tête avant de s’emmitoufler dans son drap, et Luna quitta la pièce avec toute la troupe interloquée. Par prudence, elle tira la porte derrière elle mais ne la referma pas, et elle prit la parole à mi-voix.

— Madeleine va bien, ne vous inquiétez pas, elle a simplement fait un horrible cauchemar.

— Quel genre de cauchemar ? Parce qu’elle a l’air vraiment secouée…

— Elle a rêvé qu’une puissante magie nous avait enfermés dans des cartes et que des gens passaient leur temps à nous tripoter, à nous jeter, à nous empiler… je… ses propos sont encore confus, je n’ai pas tout compris.

Un air d’inquiétude sincère se peignait chez chacun. Finalement venue à la suite des autres, Diane esquissa une moue dégoûtée. 

— Nous ‘’empiler’’ ? Nous ‘’tripoter’’ ? Et d’abord, c’est quoi des cartes ?!

— De ce que j’ai compris, des sortes d’artefacts puissants permettant de lire l’avenir.

— Oh…

Ce simple mot sortit de toutes les bouches, tandis que tout le monde mettait déjà son imagination en branle pour essayer de visualiser un tel artefact.

— Et c’est qui, ces ‘’gens’’ ? Des ennemis ?

— Non Janus, rassure-toi. Il n’y a ni ennemi ni danger, juste ça.

D’un signe du doigt, Luna désigna alors de coffret de bois, et Mat l’ouvrit avec précaution. À l’intérieur, des dizaines de figurines reposaient.

— C’est pas la dernière invention que Le Bateleur à offert à Mady ? Comment il appelle ça déjà… des humains, non ?

— Si, c’est ça. Et il lui a apparemment raconté que ces humains étaient des créatures réelles qui habitaient sur une planète appelée ‘’Terre’’ et qu’un jour, ils nous vaincraient et nous enfermeraient dans un ‘’Jeu de Tarot’’ pour nous soumettre et nous utiliser comme des objets.

Durant un instant, un ange passa sur l’assistance. Puis le jeune homme hocha vigoureusement la tête.

— Ok. Je vais lui péter la gueule, ça sera vite réglé !

— Non Chariot, arrête! La violence ne résout rien et…

— Je m’en fous ! J’en ai marre de Bateleur ! Quand il n’emmerde pas Monde, c’est pour faire chier Jugement ! Ermite ne nous rend même plus visite tellement il en a marre de lui, et maintenant il s’en prend à Étoile !

Dans leur coin, les Amoureux se mirent d’accord pour dire que Ermite avait de toute façon tendance à vivre comme un ermite, pendant que Tempérance s’était suspendue au cou de Chariot pour le stopper dans sa quête vengeresse. Bientôt, il ne resta plus que Lune et Pape dans le couloir. Fatigués de cette famille un peu dysfonctionnelle sur les bords.